L'AVENIR 309 futur état d’indécision, le gouvernement italien paraît avoir la prescience et c’est peut-être une des raisons qui le font hésiter sur la meilleure manière d’intervenir avec les alliés dans la péninsule balkanique. Pour l’Italie, qui se trouve sur le bord même de cette vaste cuve où les nationalités fermentent, toute décision est grave, toute erreur peut entraîner d’incalculables conséquences et l’obscurité, la confusion, le trouble sont tels que l’on conçoit que l’Italie ait besoin de réfléchir avant de s’engager dans une voie plutôt que dans une autre. Cependant si la Bulgarie s’avançait à travers la Macédoine jusqu’à l’Adriatique, si elle menaçait l’Albanie, si l’ambition que l’on prête au tsar Ferdinand (qui n’a pas fait apprendre sans dessein l’albanais à son fils le prince Boris), si cette ambition, encouragée par la cour de Vienne, commençait à se réaliser, oh ! alors, il est probable que l'Italie ne balancerait plus et ne laisserait pas apparaître un nouveau compétiteur, un nouvel ennemi sur cette mer qui, plus que toute autre, est « sa » mer. Selon toute apparence, l’Italie a encore devant elle, du côté qu’elle a choisi pour y porter son action, des tâches difficiles et longues. Le jour où elle est entrée dans le conflit européen pour remplir son programme nationaliste et impéria-