g2 LIVRE DEUXIÈME. réclamait une foule de concessions, même la réforme de la constitution, octroyée depuis trois mois à peine, et déjà trop large pour l’état du pays ; en un mol, il suscitait au gouvernement toutes sortes de difficultés, et donnait au roi les plus grandes craintes pour sa couronne. D’un autre côté, la majorité du pays et une grande partie de l’armée elle-même désiraient peu la guerre, et le refus du Piémont d’organiser une ligue réglant les rapports des divers États italiens entre eux, et assurant l’existence et les droits de chacun d’eux éveillait les soupçons du cabinet de Naples, et donnait quelque poids aux accusations d’ambition et de vues personnelles dirigées contre Charles-Albert. Il est certain que Ferdinand, Léo-pold et Pie IX ne devaient pas être fort empressés de contribuer au triomphe de celui qu’on annonçai! comme le roi futur de toute l’Italie. Néanmoins le gouvernement de Naples finit par céder; il avait déjà consenti au départ de plusieurs corps de volontaires, et, dans les derniers jours d’avril , il fil partir pour la Lombardie un corps de 16 mille hommes , envoya une partie de sa Hotte dans l’Adriatique et sc montra disposé à faire suivre ces force d autres plus considérables si l’état du royaume l( permettait. Il mit a la tête de l’armée un bomnn agréable.au parti libéral, mais peu connu des trou pes, et qui avait d'ailleurs celte inaptitude qu’amènf ialalemenl une longue inaction. C’était, le vieux gént' ral Pepe, qui avail passé sa vie à conspirer conW tous les gouvernements qu’il servait, et qui venai de rentrer d’un exil de vingl-sept ans. Les inslruc lions données a Pepe lui taisaient soupçonner que 11 détermination du roi était peu sincère et cachait une arrière-pensée; elles portaient que l’armée devrai