LIVRE QUATRIÈME. 499 attachait peu d’importance à ce que pouvait faire l’attaque, on ne s’en inquiétait nullement; on cherchait à économiser les munitions, et l’ennemi ne tirant plus, on ne faisait qu’un feu très peu nourri. On profita de ce répit pour rendre plus forte la ligue de défense. On éleva de nouvelles traverses sur le pont; on augmenta le nombre des pièces dans les batteries; on arma des radeaux avec des canons de campagne, et on plaça ces batteries flottantes de chaque côté de San Secondo pour compléter et étendre le front de défense. On construisit, à gauche et au pied des deux batteries du pont, des flancs bas destinés à battre cette partie des lagunes et Bolle-nigo. On entoura de palissades la batterie Sainl-An-toine et, l’île San Secondo, et on barricada les canaux par où l’ennemi pouvait venir vers ces deux points. En se décidant à bombarder Venise, les Autrichiens renoncèrent à l’attaque de Brondolo qui leur coûtait, de grands efforts et des perles considérables. La chaleur, les fatigues et les souffrances de toute espèce avaient amené des maladies qui faisaient beaucoup de ravages dans les rangs des troupes employées à celle attaque. Ils abandonnèrent leurs travaux pour aller occuper fort en arrière une ligne dont le centre était à Piove, et qui s’étendait de Porlo-Fossone à Lova et Lugo, sur le canal de la Brenla; ils le-uaient cette longue ligne avec une seule brigade de 5 à i mille hommes. En se retirant, ils avaient mis le feu aux habitations, brûlé les récoltes, el pour prévenir les excursions de l’assiégé, inondé le terrain au moyen d’un barrage dans le canal de Yalle. Quand la garnison de Brondolo eut connaissance de celle retraite inattendue, elle passa la Brenla et alla