i Dî4 LIVRE quatrième. teries de manière à faire arriver leurs projectiles jusque dans l'intérieur de Venise; ils devaient bien savoir qu’on obtient des portées de plus de 5 mille mètres en tirant à grandes charges, sous un angle de 42 à 45 degrés. Mais ce ne fut qu’au mois de juillet, après tant d’efforts inutiles contre le pont et contre Brondolo, qu’ils firent les préparatifs d’un bombardement formidable, dont ils espéraient la prompte reddition de la ville. A partir du 1G, leur feu, à la grande surprise de l’assiégé, cessa complètement, et ils travaillèrent à transformer leurs batteries en donnant une grande hauteur au parapet et une inclinaison de 42 degrés au talus intérieur. Les canons et les obusiers, montés sur des affûts ou traîneaux solidement construits, étaient adossés à ce talus revêtu de poutres et de madriers, et avaient ainsi la même inclinaison que lui. Toutes les batteries de San Giuliano, de la tète du pont, de Bottenigo et de Campaltone, et même les traverses élevées sur le pont, furent ainsi transformées, mais on y laissa des pièces disposées à la manière ordinaire, pour continuer à tirer sur les batteries et les barques des lagunes. L’assiégé ne se rendait pas compte du silence des batteries ennemies et du mouvement qu’il y apercevait; il crut seulement qu’on voulait les rendre plus solides et en augmenter le nombre. Les rapports des espions, les avis de toute espèce concordaient sur ce point, et personne ne soupçonnait la vérité qu’un examen attentif de la nature des nouveaux travaux aurait cependant bien pu faire connaître. En tout çî|s. c’était le moment de redoubler d’efforts contre^ces batteries, presque entièrement désarmées et dont les barques canonnières pouvaient s’approcher de fort près. Mais on