— 246 — prit part également au combat d’Algésiras, le 6 juillet 1801, et enfin, en 1807, le ministre de la marine écrivit au préfet maritime de Toulon ce qui sùit : « la frégate le Muiron a ramené d’Egypte en France l’empereur Napoléon. Elle ne' doit plus être exposée aux événements de la mer et aux champs de la guerre, elle sera conservée comme monument. Veuillez donc la faire placer dans tel lieu du port où elle frappera davantage tous les regards et où il sera plus facile de perpétuer sa conservation. » Elle fut donc désarmée et l’inscription suivante fut gravée sur la poupe et sur un marbre placé dans la grande chambre : « La Muiron, prise en 1797 dans l’arsenal de Venise par le conquérant de l’Italie ; elle ramena d'Egypte, en 1799, le sauveur de la France. » (Mémoires de Napoléon, Désiré Lacroix). Les détails intéressants qui suivent, et font de ce modèle un objet historique, ont été recueillis sur urte planchette décorée de deux vases en cuivre, d’époque Empire, accompagnant le modèle, sur laquelle ils étaient écrits à la main. « Modèle de la frégate Muiron, exécuté en 1803, par ordre et pour le cabinet particulier de travail du Ier Consul qui l’a constamment conservé sur le secrétaire de sa chambre à coucher, au Château de la Malmaison, et, lors de sa construction, a fait déposer dans le meuble principal de la salle de ce petit dtief-d’œuvre d’exactitude et de patience, un livre de lodh où se trouvent inscrits la traversée d’Egypte à Fréjus. du général Bonaparte, son passage à travers la flotte anglaise, les noms et grades de tous les marins qui concoururent à sauver la France en conservant l’homme de génie auquel elle doit tant d’années de gloire et d’éclat. L’empereur Napoléon ,encore en 1815, semblait attacher un grand prix à ce modèle, aussi, lors de la vente du mobilier du château en 1829, le général Gourgaud, dont le nom rappelle ce qui tient à l’honneur et à la fidélité, acheta ce vaisseau qui, de plus, est l’œuvre des plus habiles ouvriers de la marine du temps. En 1836, nous l’avons obtenu par l’entremise de M. de Labrillantais. L’étiquette de vente et d’adjudication au prix modique de 310 fr., à M. Gourgaud,