RELIGION. En 1867, le Saint-Père Pie IX déclara de nouveau Scutari métropole de l’Albanie avec juridiction sur Antivari et les évêchés de Pulàti, Zappa, Calmetti et la Mirditie dirigée par un abbé mitré. Après la cession d’Antivari au Monténégro, Scutari fut de nouveau érigé en archevêché. Le grand nombre d’églises disséminées dans la Haute-Albanie, les sanctuaires en ruines qu’on rencontre à chaque pas, sans parler de ceux si nombreux en ville ou dans les villages, qui ont été transformés en mosquées ou dont il ne reste que les emplacements, attestent l’intensité de la foi religieuse de cette population. A en croire les historiens qui se sont occupés de l’Albanie, la fondation de l’église albanaise daterait du temps de Néron; la croyance de ces populations n’aurait pas été ébranlée par le schisme de Photius qui a si profondément bouleversé l’Orient, et la constance de leur attachement au rite latin aurait valu à leur pays le nom de Latinia, sous lequel il était désigné en 983 par l’empereur Constantin, dans une lettre adressée aux habitants de llaguse. Les Albanais actuels ont peu ou plutôt pas changé encore ; foi profonde, irraisonnée, ils sont catholiques de nom, surtout de pratique, j’allais dire de routine, sans avoir conscience de la sublimité de la religion qu’ils professent. Malgré leur vie si misérable, ils ne connaissent pas les affres du doute. La moindre insulte à leur religion est toujours immédiatement et cruellement punie par eux et fait parfois encore surgir entre musulmans et catholiques de sanglants conflits ; ils observent strictement les grands jeûnes de l’église, font scrupuleusement maigre le vendredi et le samedi, souvent même le mercredi, sont couverts de