LES Ml 11 DITES. Quand un homme meurt assassiné, on ne le lave pas avant de l’ensevelir, le sang qui a coulé l’a lavé. ¡1 est rare qu’une jeune fille ou une femme ne soient pas respectées, toute offense dont elles seraient les victimes aurait pour le coupable et les siens de trop graves conséquences ; les femmes sont en dehors des représailles, elles sont en quelque sorte sacrées, leur causer un préjudice ou les insulter est un acte honteux, celui qui Lue une femme doit deux sangs. Si une femme est tuée, son mari doit reprendre son sang; dans le cas où il ne le ferait pas, il doit ce sang à la famille de sa femme, dont les membres chercheront alors à le tuer. Si cependant une femme est blessée ou tuée par mégarde, dans une querelle, on peut parfois arriver à une entente avec le mari et l’amener à renoncer à sa vengeance moyennant le paiement d’une indemnité dont le montant n’est pas moindre de trois bourses (300 francs) et peut s’élever jusqu’à soixante-quatre bourses, .le ne sais si ce respect est une suffisante compensation à leur pénible existence, car elles font tout dans la maison, vont travailler aux champs, ramassent le bois, cherchent l’eau à la source, tissent les étoffes destinées aux vêtements et portent souvent en ville à trois jours de marche les plus lourds fardeaux, aussi vieillissent-elles rapidement. Malgré le danger qui peut en résulter pour les coupables, il arrive parfois que la conduite d'une femme mariée ne soit pas exempte de reproches ; il y a partout des amis et des cousins ; le mari trompé a le droit, quand il les surprend, de tuer ceux qui l’ont offensé, mais, comme le sang ne peut se perdre, il contracte une double dette vis-à-vis des familles de ceux dont il s’est vengé ; l’ouverture de ces tristes comptabilités a de si désastreux effets, qu’il hésite