SOLTAR I. 49 cier, marchand d’étoiles et de parfums se ferment; pour la quatrième et dernière fois de la journée, le hodja annonce qu’ « Allah est Dieu et Mahomet son prophète » , c’esl l’heure de la prière du soir; le silence et l’obscurité se font rapidement et ne seront plus que de temps à autre troublés par un retardaire ou un harem attardé dans une visite, cherchant avec une lanterne sa route au milieu des ténèbres. Séparé par la rue principale qui partage la ville en deux, le quartier catholique diffère peu comme extérieur du quartier musulman. Son aspect est plus triste car on le sent crainlif; moins de boutiques, rues aussi impraticables aux voitures, ruelles défiantes et tortueuses dans lesquelles on se terre, portes hermétiquement closes et marquées d’une croix, murailles élevées derrière lesquelles se dissimulent les maisons, aucune note intéressante comme celle que donnent les cimetières musulmans avec leurs tombes étranges et multicolores, pas de mosquées entourées d’arbres, pas d’enfants sur les portes; il est morose, il semble bouder, c’est le quartier des vaincus et des persécutés. Son artère principale passe devant la chapelle et le séminaire des PP. de la Société de Jésus, la petite église du clergé Albanais et la cathédrale, pour aboutir aux deux cimetières; dans le quartier se trouvent d’autres établissements appartenant à divers ordres religieux. La vie des Albanais catholiques de la ville est encore plus renfermée que celle des musulmans. Hormis les noces, les enterrements et les jours de fête ils se visitent et * reçoivent rarement ; se voyant toute la journée au bazar, les hommes n’ont plus rien à se dire ; excepté l’heure où ils se rendent à leurs affaires et en reviennent, on rencontre rarement un homme dans la rue, les femmes sont occupées