SOUVENIRS DE LA HAUTE-ALBANIE. lmnie supérieure faisait partie du royaume de Servie ; les princes serbes ne semblent pas s’être très franchement décidés sur la question du dogme auquel ils donneraient la préférence; ballottés par les nécessités de leur politique, ils se tournaient alternativement vers Home ou le Patriarchat de Byzance, exploitant de leur mieux la situation, acceptant les conseils et les présents qu’on leur adressait. C’est probablement à ces indécisions qu’il y a lieu d’attribuer l’attachement de cette population au rite latin. A en croire Farlati, ce serait en 1288 que les Serbes auraient adhéré au rite grec, assertion confirmée par les historiens serbes, peut-être ces derniers ont-ils voulu se vieillir ; j’éprouve quelque peine à admettre que la pieuse reine Hélène, la iille d’un empereur latin, ait consenti à changer de religion et je crois encore que l’église des saints Serge et Bacchus, qu’elle avait reconstruite, était affectée au rite latin ; on a pu voir d’autre part que l’église de llasci, .Saint-Jean des Fougères, a relevé de Rome jusqu’au jour de la conquête musulmane, de même Sciassi, Dagnum, etc., qui ont leurs suites non interrompues d’évêques latins. La plupart des églises de l’Albanie supérieure ont-elles été un moment affectées au culte oriental ? rien ne le donne à croire, la domination des Serbes devait être du reste de peu de durée et avec eux s’évanouissai t le culte grec, si tant est qu’il eût été réellement et sérieusement installé dans la Guégarie1. La fidélité des Albanais à l’église romaine n’en avait pas été affaiblie, on a vu avec quelle énergie ils ont combattu pour elle. i. D’après Farlati, si Wladislas au xive siècle a maltraité les catholiques, son successeur les aurait au contraire laissés relativement tranquilles.