14 ANTONIN VA5EK jusqu’à présent, l’évolution de la colonisation valaque ne soit pas encore étudiée dans tous ses détails et que des découvertes partielles indiquent peu à peu, plus ou moins clairement, son caractère général, la différence entre la colonisation valaque et les autres colonisations saute aux yeux dès à présents. La colonisation valaque diffère des colonisations essentiellement homogènes du point de vue ethnique et linguistique par une certaine hétérogénéité ethnique et linguistique des Valaques, en même temps que par le caractère économique homogène et, par conséquent, par leur influence linguistique double sur la langue de la population indigène : d’une part, par toute la structure de la langue maternelle des colons (avant tout celle de la langue majoritaire dans le collectif donné, le plus souvent voisine), d’autre part, par la nomenclature spécifique de la vie pastorale carpatique dans le sens large du mot (y compris des toponymes, des noms de plantes de montagne, etc.), liée intimement à la vie des bergers des Carpates et étant, quant à l’étendue, carpatique, quant à l’origine et à l’intermédiaire, fréquemment roumaine. Cependant, les rapports entre les langues des peuples carpatiques ne sauraient être I mités exclusivement aux manifestations et aux conséquences de la colonisation valaque. En dehors de cette dernière, d’antres facteurs divers ont agi sur le développement historique des habitants des Carpates et, évidemment sur leurs langues mêmes. Ils précédaient la colonisation pastorale carpatique ou ils coexistaient chronologiquement avec cette dernière. C’étaient en majeure partie : a) des facteurs politiques (p. ex. le regroupement historique des différents ensembles politiques et administratifs, les guerres contre les Turcs), et b) des facteurs d’ordre socio-économique (oppression économique et sociale, efforts tendant à utiliser le sol des montagnes et possibilité d’en faire usage rien que par un certain type d’économie de montagne, une certaine orientation, certains produits, etc.). Aucune de ces circonstances ne pouvait rester et n’est effectivement pas restée sans influence sur la situation des langues des peuples carpatiques et c’est pourquoi il y a lieu de tenir compte de toutes ces circonstances et de les étudier à fond lors des recherches linguistiques sur les peuples carpatiques. 2. Quel procédé et quel système devraient être employés dans les études carpatologiques linguistiques? Ce serait l’idéal, bien entendu, si le travailleur respectif, connaissait „de visu“ dans le sens dialectclogique du mot, toute la région des Carpates, éventuellement aussi les re'gions voisines, liées au territoire carpatique du point de vue géographique, économique, politique, ethnographique ou autre, s’il connaissait à fond les langues nationales et les dialectes de la région carpatique de même que des régions avoisinantes, et enfin s’il connaissait tous les ouvrages publiés ou manuscrits concernant ces p;o-blèmes. Dans ce but, le linguiste carpatolcgue disposerait d’un auxiliaire fort utile s’il connaissait à fond l’histoire économique et politique de toute la région carpatique aussi bien que celle des régions limitrophes. Il va sans dire que ce stade d’érudition n’a été jusqu’à présent atteint par aucun chercheur et que même à l’avenir, malgré toutes les réalisations techniques, il ne le sera probablement pas ; pour le moment, cet objectif semble dépasser toutes les possibilités d’un individu. Chaque chercheur doit donc se spécialiser d’une manière ou d’une autre afin d’approcher, au moins partiellement, tant