LA MÉTHODOLOGIE Î3ËS 'RECHERCHES CARPATOLOGIQUES 33 bilité déta llée de l’élément montagnard migrateur des bergers des Carpates et toute la complexité d’un processus appelé colonisation valaque. Quant à la Moravie de l’Est, cette opinion est vérifiée par les travaux actuels de l’auteur de ces lignes ; ils montrent qu’on ne peut ni en exclure tout à fait l’influence directe ethnique roumaine ni sûrement la prouver — en domaine lb — par les témoignages linguistiques constatés. Ce sont les études linguistiques des documents d’archives, en partie les études approfondies des carpatismes déjà connus et, enfin peut-être, aussi l’analyse linguistique détaillée des noms et des prénoms en Carpates de l’Oüest qui pourront apporter de nouveaux témoignages. Voir aussi des exemples de M a c u r e k appréciés par Krandzalov: Jakub Lupùv en Hukvaldy (p. 200) ou Stano Valachus, Stanno Valaclius, Mitru, Ioannes Mitru de Slovaquie de l’Ouest (p. 167). Quant à la Slovaquie et surtout quant à la Pologne (en particulier le Podhale), la thèse de l’auteur de la Uh est beaucoup moins probable. Cf. la constatation de Macurek sur la possibilité de démontrer des influences roumaines en Slovaquie de l’Est à l’aide des sources historiques1 (non réfutée par l’auteur, p. 93) ou les résultats des recherches de Dobrowolski (cf. ci-dessus, p.22—23) et l’analyse de ces derniers par Krandzalov, qui admet, à partir de la Moravie vers l’Est, une augmentation du nombre, de la profondeur et de la diversité de ces influences (pp. 61, 153, 197), mais il les explique d’une autre manière (comme non-valaques ; cf. p. ex., pp. 186, 203). L’importance des recherches comparatives des noms et des prénoms est rappelée aussi par l’auteur (p. 184) qui formule, comme une tâche pour l’avenir, les études d’un processus de la slavisation de snoms roumains en Transcarpatie soviétique2. Cependant, les études de confrontation de ces noms des diverses parties des Carpates et de la même époque aideraient non moins à trouver la circulation de colonisation dans les Carpates. La difficulté des recherches sur les noms et les prénoms des Valaques est augmentée, outre cela, par l’ancienne possibilité d’une adaptation des noms des colons par les habitants indigènes et surtout par le scribe du document respectif dont l’aperception d’un nom étranger amenait toujours une adaptation à leur propre système phonologique et aux réalisations phonétiques de ce système (L’importance de ce facteur dans les études des noms propres toponymiques était observée par Ad. Kellner, Vÿchodolasskâ ndfeôi. II, Brno, 1949, p. 76). Il est probable que, chez les colons, la modification du nom ne put avoir lieu qu’après quelques temps, souvent seulement au cours de la 2e génération, comme le pense aussi l’auteur, p. 168 (mais alors même, cela n’était pas encore indispensable, A.V.), bien entendu, sous la condition que le facteur du changement fût lui-même le porteur de ce nom ; par contre si cette adaptation était réalisée par le scribe, elle pouvait l’être déjà au cours de la Ie génération. En étroite relation avec le problème de l’extension des Roumains, on envisage la ventilation des bergers des Carpates en „indigènes“ et „étrangers“, profilée par Macurek à l’occasion de son analyse des noms propres (ValaSi..., 1 CMM, LXIII—LXIV, Brno, 1939—1940, p. 204. 2 Des résultats intéressants se verront dans le travail comparatif de B. K e 1 e m e n concernant les anthroponymes d’origine slave en R.S.R. 3 — 1003