CONTRIBUTII LA STUDIUL L1TERATURII OMILETICE 357 par Ivan Féodorov, l'homélie de Zabludov étant une version slavo-russe du célèbre recueil d’homélies du patriarche byzantin Jean Caleca (1334—1347). Son modèle byzantin-grec avait d’ailleurs été signalé et publié en 1939 par le prof. Vasile Greco. On à également eu l’occasion d’écarter une opinion presque unanimement acceptée par les historiographes roumains, selon laquelle le premier recueil d’homélies publié par Coresi en 1564 aurait pour source l’original hongrois de Petru Meliusz Iuhasz, intitulé ,,Valagatàt pre-dikácia a prophetdc és apostola irassobol"... Debreczin, 1563. En réalité, il y est question de la version roumaine d'un texte slavo-ukrainien, écrit vers 1550, dans l’esprit de l’idéologie de la Réforme et du calvinisme, texte qui nous fut transmis, dans une rédaction tardive, par les célèbres postilles „de Neagovo" et „de Tekovo". L’étude de la version roumaine publiée par Coresi aide les slavistes et les ukraïnistes à découvrir la physionomie initiale du texte qui, au bout d'une évolution durant deux siècles, engendra les deux variantes précitées, dont on a écarté les préceptes calvinistes. Les contributions de la presente études mettent en lumière certains problèmes méthodologiques des recherches entrepris sur la littérature homilétique chez les Slaves et les Roumains. Les uns et les autres ayant en recours aux inépuisables sources byzantines, il s’ensuit que l’examen des oeuvres originales slaves et roumaines, doit être nécessairement entrepris dans la perspective de ces sources. On connaît le peu d'importance que les médiévaux attachaient l’idée de propriété littéraire, ainsi que la fréquence des situations où l’œuvre d’un auteur était attribuée à autrui, ou sans en faire aucune mention, dans la structure d’une création nouvelle. On se propose de le prouver, quelques exemples à l'appui, à savoir deux des homélies de Jean l’Exarque à bulgare et quelques passages des Conseils de Neagoe Basarab, ouvre incontestable du voïvode roumain du XVI-e siècle et monument de la littérature roumaine en slavon. On peut constater que certains passages qui depuis plus d’un siècle sont très élogiés-par les slavisants, étant considérés appartenir à Jean l’Exarque ne sont, au fait, que de simples traductions d’auteurs byzantins. Par exemple, les plus impressionants passages de l’homélie de Jean l'Exarque A la Transfiguration ou „Preobraienie" sont en réalité, une traduction fidèle de l'homélie, avec le même titre, d’Ephraem le Syrien, écrivain byzantin d’origine syrienne, du VIII-e siècle étudiée par nous est: Homélie: „Eiç Tijv Mexofjôptpoicnv, Commencement : Aùtà Ta 7ipàynaTa papTupoOai...“ Ou: In Transfigurationem Domini". Le Parénesis d’Ephraem le Syrien jouit d’une propagation peu commune (Homélie ,,/n Transfigurationem Domini..." Ephraem le Syrien Opera omnia... Coloniae, 1603, p. 686—691). Ni le style, ni les images ne sauraient faire donc, à l’avenir, l’objet d’une analyse esthétique qui permettra de juger sur la valeur de l’oeuvre de l'écrivain bulgare Jean l’Exarque dont il convient d'apprécier seule la maîtrise des traductions résumées les oeuvres d’Ephraem le Syrien. Les mêmes considérations s’imposent dans les cas de l’homélie sur l’apôtre et le théo-logue Jean, naguère découverte par I. Iufu dans le Sbornic de Gherman que l’on date de l’an. 970, conservé en copie de l’an. 1359, p. 30-—40. Sa source byzantine, suggérée d’ailleurs par Jean l’Exarque lui même, est l’histoire de Clim le Stromate, c’est-à-dire Clément d’Alexandrie, qui traite d’un jeune chef de brigands qui se convertit. Cette histoire et placée par Clément d'Alexandrie, en conclusion à son homélie „Tlç à omiône.voç nÀoùyioç“, ou „Qui dives salvetur(Migne.S. Graeca, vol. IX, col. 650). Certaines omissions ou adjonctions’ furent identifiées par nous dans les versions des Prologues, des Vies des Saints et du Minologion de Simeón Metafrast (Migne, Patrologiae. S. Gr... vol. 116, col. 693). D’ailleurs ces sources permettent aussi d'identifier textuellement, les autres histoires des miracles et de la fin de Jean l’Evangeliste, que Jean l’Exarque a traduit seulement. Outre les identifications de leurs sources byzantines, l’auteur de cette étude entreprend également une analyse linguistique de ces deux homélies et d’une troisième A la rencontre de Dieu; naguère découverte par P. Ilievskji. On y fait remarquer le caractère bulgare oriental de la langue de Jean l’Exarque et l’on souligne les traits qui définissent celle-ci à même de prouver la paternité des oeuvres du grand écrivain bulgare. Ce sont là les caractéristiques de la langue de l'Ecole de Preslav, que nous retrouvons aussi dans la langue du Sbornic Zlatostrui du czar Simeón, maintenant le Sbornic du czar Sviatoslav 1073 et 1076) et dans les homélies contre „les bogomiles" de Prezviter Kozma de la Il-e moitié du X-e siècle. La seconde partie de notre étude poursuit le même processus de sélection des passages de sources byzantines intégrés à la création originale de Neagoe Basarab (cette fois-ci par l’intermédiaire d'une version en slavon). Se rapportant là-dessus aux Conseils de Neagoe-