LA MÉTHODOLOGIE DES RECHERCHES CARPATOLOGIQUES 31 que la Yalachie morave possède aussi des phénomènes linguistiques l’u n i-fiant intérieurement1, et, ce qui plus est, la délimitant géographiquement. Parmi ces phénomènes, une position principale est occupée par la corrélation phonologique des consonnes palatalisées et non palatalisées, surtout par l’existence de deux lignes de consonnes labiales, qui est, dans sa totalité, unique sur le territoire de la langue tchèque. Il va sans dire, que l’auteur qui n’était pas spécialiste dans ce domaine 2 ne put s’en apercevoir, (même si ce fait n’était pas de médiocre importance du point de vue de la carpatologie) ; il n’en ressort pas moins clairement qu’il est dangereux et méthodologiquement incorrect d’invoquer des faits qui ne jouissent pas d’une documentation récente et qui ne sont pas connus au moyen de sa propre expérience. L’affirmation sur l’appartenance de certaines parties géographiques du dialecte valaque (en Moravie) aux dialectes voisins slovaques est, bien entendu, fausse (le dialecte valaque actuel diffère nettement des dialectes voisins de Slovaquie), et elle l’est aussi méthodologiquement (le dialecte valaque est un dialecte de la langue tchèque, et il se développe avec une régularité intérieure en harmonie avec l’évolution structurelle au tchèque littéraire et dans le sens de cette dernière 3 ; il faut donc la prendre pour un „lapsus linguae“ de l’auteur). Il est certain que la note sceptique de l’auteur sur l’individualité dialectologique de la Valachie de Moravie et de son existence en général („.. mâ-li je vâbec...", p. 71) est tout à fait injuste. En ce qui concerne la méthodologie, l’auteur a également des affirmations fausses — à cause de l’analyse des matériels linguistiques et de son argumentation scientifique dépourvues d’appui — sur le cours et sur l’état actuel de l’assimilation des traits slovaques en Moravie de l’Est (p. 54, 109). Sans fondement est aussi sa thèse sur les arguments linguistiques de l’étroite diffusion des habitants („... o têsném prolinâni...", p. 212) à la frontière tchéco-slovaque, ou la note doslo k jistému poslovenstënî pohranicniho pdsma Moravy v Sirokém rozsahu“, p. 74 („... il y eut une slovaquisation de la zone frontière de Moravie sur une large étendue"), etc. 4. Méthodologiquement, il est aussi injuste que l’a u t e u r du livre reprenne des assertions qui ont déjà vécu. Si, en composant ce livre, on désirait faire par sa publication, en même temps, accessibles ses RVK dans un abrégé, c’était là, sans doute, une intention utile. Elle serait appréciée par les lecteurs si sa réalisation n’était pas contraire à des faits nouveaux. Pourquoi l’auteur, en répétant (p. ex., p. 62—71) d’une manière assez détaillée les résultats de son analyse des roumanismes prétendus fournis par ses RVK, sans même y éliminer ses erreurs anciennes, corrigées plus tard par lui-même, ne donne-t-il pas à la fin du livre, n’importe où, claire- 1 Voir notre article Charakteristika ndfeli na RoSnovsku a vÿchodnim ValaSskomezificsku, dans le rec. Studie ze slovanské jazykovëdy. Sbornik k 70. narozenindm akademika FrantiSka Trdvnilka, Prague, 1958, p. 395. 2 Sur ces questions, voir aussi notre travail cité Jazykové vlivy..., passim. 3 Voir notre travail cité Jazykové vlivy..., et aussi notreétude K vÿvojovÿm tendencim v dneSni leltinë, SPFFBU, 1963, A 11, p. 29—41 (passim) ; cf. aussi J. B é 1 i i, Postaveni morav-ské slovenStiny, dans le recueil Adolfu Kellnerovi. Sbornik jazykovëdnÿch studii, Opava, 1954, surtout p. 91.