LE PLUS ANCIEN CHRONOGRAPIIE ROUMAIN DE PROVENANCE RUSSE ( Résumé) Les chronographes roumains de provenance russe n’ont pas sollicité l’attention des chercheurs dans la même mesure que ceux d’origine sud-slave (Moxa) et néo-grecque (Dano-vici). L’histoire de la littérature roumaine ancienne ne leur a pas encore réservé la place qu’ils méritent. N. Iorga les a signalés, en passant, à peine en 1901. Ils ont été étudiis, pour la première fois, par Çtefan Ciobanu qui les a présentés en 1940 —1941 dans un cours tenu à l’Université. Son mérite c’est d’avoir frayé la route à la recherche. Mais cela n’en implique pas moins des inconvénients, voire des erreurs. Le présent article reprend l’ensemble de la question, en s’occupant de plus près du plus ancien chronographe roumain de provenance russe connu jusqu’ici. Il a été identifié dans le manuscrit 1385 de la Bibliothèque de l’Académie de la R.P.R., remontant à la seconde moitié du XVI I_e siècle. L’auteur démontre que ce manuscrit a été traduit sur un chronographe russe de la seconde rédaction établie en 1617. Son argumentation va jusqu’à identifier l’original qui, suppose-t-il, s’est trouvé entre les mains du traducteur roumain. Il s’agirait du ms. 434/679 de l’ex-Académie théologique de Moscou, décrit par A. Popov au volume II, p. 133, de son ouvrage intitulé OÔ3op xponoepaifioe pyccKoù peôaKuuu, Moscou, 1869. L’auteur établit ensuite, grâce à des critériums linguistiques et par comparaison avec d’autres textes, que le manuscrit 1385 — l’autographe même du traducteur — appartient au scribe Staicu, de Tîrgovifte (Valachie), remarquable personnalité de la culture roumaine qui fut professeur à l’Ecole slavonne de Tîrgoviçte dans la seconde moitié du XVII-e siècle. Le manuscrit 1385 revêt une particulière importance historique et surtout linguistique. En outre, il représente un témoignage de plus des relations culturelles roumano-russes par le passé. 7*