286 PANDELE OLTEANU 14 par son synonime, tel dejako au lieu de Vbsako de la version praguaise, laquelle démeure plus près de l’original italien, où nous trouvons ogni : Seneca dise : Ogni lussinga porta sotto lo so veneno. Senakb rece : Vbsako laskatelstvo imatb jadb (Ms. 23 de Prague). Senakb rece : Dejako laskatelstvo imatb jadb (Ms. 2748 de Moscou). L’identité de la traduction des versions slaves vient problablement du fait de l’intermédiaire de la traduction roumaine, dans laquelle il est dit plus librement : « Fiecare (orice) desfâtare (sau dulceatâ) are otrava sa » — Chaque (tout) plaisir (ou douceur) a son poison — au lieu de «... poartâ de desupt veninul sau » — porte en dessous son venin -—. Ou bien, en parlant du castor, un copiste du ms. 2748 de Moscou a dit jajca (oeufs, testicules) et polagaetb (met) (f. 170 v.) au lieu de muda et pometaetb (jette) comme il est écrit dans toutes les autres versions slavo-roumaines. Ou encore : au lieu de gryzetb-(mord) (ms. de Prague, feuillet 33 v.) le copiste a écrit kuiaet, terme plus courant dans les langues slaves de l’est (Ms. de Moscou, f. 174 v.). Pour les mêmes raisons, le copiste a écrit sladkoglasne (d’une voix douce) et usnutb (ils s’endorent—(Ms. de Moscou, f. 174 v.), au lieu de sladkogla-golanie (doux langage) et usypajutb, comme dans le manuscrit de Prague. Ou bien au lieu de drëvo « arbre » (ms. 23 de Prague, f. 41 v.), le copiste a dit dubb «chêne» (ms. 2748 de Moscou, f. 176 r.). Le nom de la taupe — en grec, pinara — est rendu par krotSb dans le ms. 2748 de Moscou), (f. 179 v.), tandis que dans le ms. de Prague (f. 55 a) ce même mot est rendu par krbtica. L’adverbe donielize (jusqu’à quand) (ms. 23 Prague, f. 63 a) est remplacé par dondeze (ms. 2748 M. f. 181) et sice (ainsi) par siceva. Au lieu de delà iestnejéa (ms. 23 Prague) — faits plus honorables — , le copiste a mis delà drazajsa — des faits de plus grand prix—(ms. 1748 Moscou). Le manuscrit de Prague conserve des formes morphologiques et orthographiques plus anciennes, telles que bezbêeni (f. 9) -— sans femme — ; bojse chvaly (craint la louange) et non bezb zeni, bojtsja chvali (ms. 2748, f. 174 v. Moscou). Les yers des prépositions et préfixes sont nonvocalisés dans la version praguaise: ex. : sb «avec», Vb «dans», dbzb «pluie» (f. 37 b), Ibib «mensonge» (f. 55 b), tbciju (f. 60 b) «seulement », cependant que dans le ms. de Moscou, nous avons : so, o, dozdb, lozb (f. 179 v.), tociju (f. 181 r.). Ou les préfixes : vbznasajutb « ils élèvent », sbtvaréet « il créera, il faira » etc. — dans le ms. de Prague (f. 23 v.) — et sotvoriajet, vozrastajetb « il grandira, croîtra» dans le ms. de Moscou (f. 171 v.) ; vbznoüenie (élévation) (ms. Prague, f. 61) et voznosenie (sm. Moscou, f, 181 v). D’autres fois le préfixe verbal diffère : ubijiutb « ils tueront, ils battront » (ms. Moscou 176 f.) et pobijutb (ms. Prague, f. 41 b). Dans le cadre de ces différences de rédaction, du domaine de la phonétique, il faut mentionner le traitement appliqué aux différentes catégories de liquides, lesquelles dans le ms. de Moscou ont les formes caractéristiques aux langues slaves de l’est, tandis que dans le ms. de Prague elles présentent les formes caractéristiques aux langues slaves méridionales ou celles que l’on rencontre usuellement dans l’orthographe du slavon, lorsqu’il s’agit de ri — ex.: f > ro, or, rt : krovoprolitie « effusion de sang » (ms. de Moscou, f. 184)