7 L'HISTOIRE DES ÉTUDES SLAVES EN ROUMANIE 199 avoir été écrite à la fin du XVIe siècle, tandis que le reste se place à une époque plus tardive, au XVIIe siècle (à la page 167b, on trouve une note du copiste « popa Patru » — le pope Pâtru — datant de 1679) 1. Une nouvelle étape, marquant un progès sensible par raport à ces essais lexicographiques, est constituée par la série des six dictionnaires slavo-rou-mains du XVIIe siècle, ayant tous pour point de départ le fameaux dictionnaire de Pamvo Berynda, publié à Kiev en 1627: fligiKOH'h CiUKiHopwccKÏH h H.iUN'K TA'hKOKdNÏf2. En voici la liste : 1) Le Dictionnaire slavo-roumain et l’explication des noms — kohh ca4kehoeai1iiieckkih h hau(n) ta'kkokîIhïé, écrit par Mardarie Cozianul en 1649 (aujourd’hui à la B.A.R., manuscrit roum. n° 450)3 et renfermant 4574 articles (par rapport aux 7250 environ apparaissant chez Berynda) ; 2) Le Dictionnaire slavo-roumain du maître Staicu de Tîrgoviçte, rédigé dans la septième décennie du XVIIe siècle et représentant un enrichissement considérable de la liste de mots de Berynda (B.A.R., le Codex Sturdza, mss. roum. 312) 4 ; 3) Le Dictionnaire slavo-roumain de Mihai (\Q13), copie de celui de Staicu (B.A.R., manuscrit roum. n° 3473) ; 4) Le Dictionnaire slavo-roumain de Mihai le Logothète de Tîrgoviste (1678), abrégé du dictionnaire de Staicu (B.A.R., manuscrit roum. n° 1348) 5 ; 5) Le Dictionnaire slavo-roumain de Leningrad — se trouvant à la Bibliothèque publique « E. M. Saltykov-Scedrin » (écrit vers 1693) 6 et dérivant toujours du dictionnaire de Staicu ; 6) Le Dictionnaire slavo-roumain de Moscou, datant de la fin du XVIIe siècle (ou au début du XVIIIe) 7 et ayant la même origine 8. Les commencements de la lexicographie roumaine sont donc étroitement liés aux traductions du slavon en roumain, action complexe qui s’est poursuivie pendant les XVIe et XVIIe siècles ; au début, ils se sont développés en rapport étroit avec la lexicographie slave, surtout avec celle de Russie et d’Ukraine. Plus tard, à partir des premières années du XVIIIe siècle, la lexicographie roumaine élargira le domaine de ses préoccupations et multipliera ses sources, s’orientant aussi vers le latin, l’italien, le grec, le hongrois, l’allemand, le français, etc.9 Mais pour autant on ne cesse de rédiger des diction- 1 Ce glossaire sera reproduit par nous, d’après le manuscrit, dans un article spécial. 2 Voir la reproduction photomécanique parue avec une étude introductive, sous les soins de V. V. Nimiuk, JleKcmon c.ioaeHopocbKUÜ Ua.unu Eepundu, Kiev, 1961, XL -f 272 p. 3 La seul publié par G r. C r e ( u, op. cit., en 1900. 4 Le Dictionnaire a été étudie d’abord par B. P. Hasdeu, dans Cuvente den bâtrîni, tome I, Bucarest, 1878, p. 261 sqq. ; tout dernièrement, il l’a été par D. Strungaru ; cf. op. cit., p. 148—157, où l’on donne une comparaison succinte de ces dictionnaires, l’auteur plaidant pour une édition critique de ces ouvrages. Voir aussi l’exposé de synthèse de G r. Crefu, op. cit., p. 28—57. 5 La Bibliothèque de la Faculté des langues slaves (Institut de langues et littératures étrangères de l'Université de Bucarest) en possède une photocopie (n° 11.417). 6 Etudié par I. Bogdan: Un lexicon slavo-român din sec. XVII, dans # Convorbiri literare », XXV, 1891, n’ 3, p. 193—204. 7 Etudié pir $ t. Ciobanu (C. H. H e 6 a h): C/ia3HHo-pyMbiHCKuU cAoeapb EuÔAUomeKU Mjck03ck020 0'>uf;cmu uzmopnu dpisHOcmeù poccuùcKux JVo 240, extrait de «P.O.B.», Varsovie, 1914. 8 Nous y avons mis à profit les conclusions de Gr. CreÇu et D. Strungaru. 9 Voir M. S e c h e, Schifà de istorie a lex:cogtafiei române, I. Bucarest, 1966, p. 8 sqq.