23 CONTACTS ENTRE L'HISTORIOGRAPHIE ROUMAINE ET TCHÈQUE 431 graphie allemande, este conçue dans l’esprit de l’époque comme „un prisme général de la romanité et même de l’Europe centrale“1, tel que le précise l’auteur lui-même dans la préface du traité. Il n’essaie pas de discuter les thèses des adversaires, mais entreprend d’élever un édifice fondé sur des sources narratives et sur tout ce que la littérature historique possédait à ce momeni-là par rapport aux problèmes liés à l’évolution et à la formation des peuples du centre et du sud-est de l’Europe. Comme nous venons de le dire, la bibliographie informative de Hasdeu est certes impressionnante, mais, pour l’instant, ce qui intéresse encore plus ce sont les problèmes et la mesure dans laquelle il s’appuie sur l’historiographie tchèque, quand bien même il ne serait pas toujours d’accord avec les thèses historiques et philologiques de ces historiographes qu’il lui arrive de combattre. Ainsi, en parlant du mot „vlaque“ que toutes les sources slaves attestent comme signifiant „être latin, même là où, avec le temps, les Roumains ont été dénationalisés“ 2 — le cas, par exemple, de ceux de Moravie ou de Dalmatie —, Hasdeu cite un passage concluant de l’ouvrage de Jirecek „L’apparition de l’empire chrétien“ 3, où l’historien tchèque affirme que „Ein theil scheint nördlich von der Save, in die später als kleine Walachei bezeichnete Gegend Slavoniens, ein anderer gegen das adriatische Meer hingezogen zu sein, wo ein zwischen Dalmatien, Croatien und Bosnien gelegenes Gebiet ehem als Wlachien hiess. Beidersteits wurden die Dako-Romanen slavisiert. Insbesondere waren die Morlachen, melches Wort aus Maurovlach (schwarzer Wlache) entstanden ist, ursprünglich solche Daco-Romanen“ 4 Dans la question du sens de ce mot, Hasdeu considère Dobrovskÿ et Safarik comme adversaires, non pas, évidemment pour leur participation à une dispute scientifique, mais simplement pour avoir des opinions différentes. „Personne — dit-il — ne conteste à Dobrovskÿ et à Safarik, le sceptre de rois de la linguistique et de l’archéologie slave“, mais ils soutiennent que dans différents dialectes slavo-allemands, |l’appelation de „vlaque“ désignerait les celtes; les slaves et les allemands appellent les italiens et les français des „vlaques“, non à cause de leur latinité, mais de leur ascendance celtique“. A cette affirmation, Hasdeu répond par un argument simple et logique: pourquoi les slaves et les allemands n’appeleraient-ils pas, dans ce cas, du même nom aussi les celtes non latinisés? Donc, le mot ne se réfère pas au fond celtique, mais au fond roman. Et, Hasdeu, de conclure: „Safarik et Dobrovskÿ affirment, mais ne prouvent pas“ 5. 1B. Petriceicu-Hasdeu, Istoria criticâ a Românilor, t. I, vol. I, Bucarest, II-e édition, 1875, p. VIII. Cette seconde édition étant plus ample et plus complète que la première, nous l’avons préférée pour notre recherche actuelle. 2 B. Petriceicu-Hasdeu, op. cit., p. 39 3K. Jireöek, Entstehen christlicher Reiche vom Jahre 500 bis 1000, Wien, 1865. 4 B. P. Hasdeu, op. cit., p. 39, no. 10 (K. Jireöek, op. cit., p. 225). 6 B. P. Hasdeu, op. cit., p. 39; (P. Safarik, Slowanské starozitnosti, Prague, 1837, P- 196 — 201, 307 — 308; idem U\ber die Abkunft der Slawen, Ofen, 1828, p. 156—157 et Joseph Dobrovskÿ dans « Jahrbücher der Liter atur », Vienne, 1827, t. 37, p. 13—;41 et dans Joseph Müller, Altrussische Geschichte nach Nestor, Berlin, 1812, p. 182, no. 9).