«FIORE DI VIRTÙ» DANS LES VERSIONS SLAVES TRADUITES DU ROUMAIN PANDELE OLTEANU L’oeuvre célèbre morale-didactique «Fiore di Virtù» (FdV), étant la plus belle dans la littérature des florilèges, continue encore de nos jours à intéresser les lecteurs et surtout les chercheurs1. Les Roumains, par exemple, l’ont lue pendant environ quatre siècles. On en connaît jusqu’à présent plus de trente manuscrits et cinq éditions imprimées, en roumain, la dernière ayant paru en 1864. Fort nombreux également les manuscrits et les éditions grecques, sans toutefois dépasser le nombre de ceux que l’on connaisse en italien, langue du texte original. De plus, on vient tout récemment de découvrir en Italie 2 et en Roumanie d’autres manuscrits jusqu’à présent inconnus3. Une étude comparative des nombreuses versions manuscrites et imprimées, de leur filiation, ainsi que des sources — qui sont d’une richesse peu commune4 —ne peut que faciliter l’établissement du texte original italien, lequel permettra la publication d’une édition critique 5 qui doit jeter une lumière toute nouvelle sur l’histoire et l’importance de cette oeuvre. * 1 G. Bertoni, Storia lett. italiana..., Il Duecento..., p. 238, où sont citées les appréciations de Novellino. 2 Par. ex. : les manuscrits de l’Italie du Nord et spécialement celui de la Bibliothèque Communale de Siena —- Codex I, II, 7 — , plus complet que le célèbre manuscrit de Gadd étudié par C. Fratti. Voir: Maria Corti, Il mito di un Codice Laur. Gadd 115, dans «Studi in onore di Angelo Monteverdi », Modena, p. 185—197. 3 Par ex. le ms. 4620 de la Bibliothèque de l’Académie de la R.S. de Roumanie, qui est la plus ancienne et la plus importante version slavo-roumaine datant du XVI-e siècle. Voir ci-dessous également P. O 11 e a n u, «Fiore di Virtù» în literatura româno-slavâ (étude monographique à paraître aux Editions de l’Académie Roumaine. 4 Maria Corti, Le fonti del « Fiore di Virtù » e la teoria della «nobiltà», dans «Giornale storico della letteratura italiana», V. CXXXVI, 1959, Torino. 5 Maria Corti a promis, depuis quelques années, une semblable édition en précisant qu’elle aurait comme point de départ le manuscrit de Siena, mentionné ci-dessus : « ...che ha la segnatura 1.11,1e che sarà la base della mstra edizione » — o.c., p. 3, note 2. 18 - 1457