366 C. N. VELICHI 14 A cette date, la famille de Pesacov se composait de sa femme Persida et des enfants d’un premier lit de celle-ci (une fille, Annette, et un garçon), ainsi que du fils que Persida lui avait donné en 1824, à Negotin et qu'il appelle dans ses lettres Dimitrian x. Il paraît qu’il a dû avoir d’autres enfants avec Persida, nés entre 1825—1828, mais décédés en bas âge 2. Partant de Craiova le 28 mai 1828 pour Vîrset, Pesacov s’arrête à Hatzeg, où il se lie avec quelques intellectuels roumains, le lieutenant Théodore de Stanislav et l’archiprêtre de la ville entre autres. Ils connaissaient tous l’annonce de Carcalechi au sujet de la «Bibliothèque roumaine», à laquelle ils désiraient s’abonner. Aussi, le poète écrit-il une lettre en ce sens à Carcalechi, mais il semble que cette missive n’est jamais arrivée à destination. A Hatzeg, il poursuit la rédaction du poème intitulé «La joie poétique » (Dezmierdare poeticeascâ) qu’il avait commencé le 1er mai à Purceni et, bien qu’inachevé, il le dédie à Théodore de Stanislav3. Au mois d’août 1828, Pesacov et sa famille étaient à Tint isoara. Il y fait l’achat d’un grand nombre de livres roumains, « slavons », serbes et grecs. Dans une seconde lettre qu’il adresse de Timiçoara à Carcalechi, il parle de son désir de se rendre à Bude, curieux de visiter ces lieux, et lui offre par la même occasion ses propres ouvrages en vue d’une éventuelle publication. Faute de moyens de transport convenables, il ne devait atteindre Vîrset qu’à l’automne. C’est là qu’il achève son poème, le 31 octobre 4. Pesacov se fixe à Vîrset jusqu’à la fin de la guerre, conclue par la paix d’Andrinople, en septembre 1829. De Vîrçet, il adresse le 15/27 mai une longue lettre à Caracalechi, lui parlant de deux ouvrages très importants qu’il avait rédigés en 1828—1829. L’un de ces ouvrages — malheureusement perdus de nos jours —portait sur les problèmes d’alors de la langue roumaine ; pour ce qui est de l’autre ouvrage, il s’agissait de sa propre biographie « ayant le début à la date 1785 », depuis sa naissance donc, et qui était si vaste qu’elle «englobait l’épaisseur de tous les autres » ouvrages en bloc. Enfin, Pesacov nourrisait le projet de réunir et éditer ensemble ses poésies et celles d’Alecu Vâcârescu — projet dont il a commencé la mise en oeuvre sans jamais la mener à bonne fin 5. Les finances de Pesacov et de sa famille commencent à s’en aller à la dérive de plus en plus, car, ainsi qu’il le disait dans cette même lettre à Carcalechi « il y a une année depuis le mois dernier en 9 que j’ai quitté Craiova et je dépense tout du coup ». C’est pourquoi il prie Carcalechi de lui envoyer des livres à crédit — le livre de Damaschin Bojincâ, la Philosophie d’Eufrosin Poteca et la Grammaire d’Eliade Râdulescu. Et comme en mai 1829 il pensait qu’à la fin du mois de juin il se rendra à Craiova, il prie son ami de lui envoyer 1 Bibliothèque de l’Académie, Mss. 1278, f. 101. 2 On ne saurait expliquer autrement l’affirmation de Pesacov, dans la lettre mentionnée ci-dessus et adressée à C. Bàlàceanu, où il parle des restes de sa mère et de ses enfants qui gissent en Olténie, Mss. 1277, f. 72. 8 Le poème et sa dédicace sont inclus dans le Mss. 1276, f. 97 sq. 4 Bibliothèque de l’Académie, Mss. 1276, f. 120. 5 Bibliothèque de l’Académie, Mss. roum. 332 ; Al. Ciorànescu, op. cit., p. 376.