17 «FIORE DI VIRTÙ» 289 * Les caractéristiques linguistiques des versions slaves de « Fiore di Virtù» traduites du roumain confirment l’existence d’une ancienne traduction de l’italien en langue roumaine. C’est ce qui prouve la véracité des affirmations faites dans le titre de la version conservée à Moscou (ms. 2748) : « Kniga Flores »... (Le Livre des Fleurs a été traduit de la langue italienne en langue va-laque ou bogdanienne (roumaine) et ensuite du valaque en langue slave). Cependant, jusqu’à présent, cette ancienne traduction roumaine de l’italien n’est pas découverte. Aussi, les chercheurs doivent-ils prouver son existence au moyen d’autres attestations ou témoignages directs ou indirects. Parmi ces derniers, les données linguistiques, fondées sur une analyse minutieuse de la langue présentent une importance de premier ordre. Mais, la recherche est ardue, tout d’abord parce que la traduction initiale, du roumain en slave, nous est connue seulement par des copies plus tardives, que les calligraphes ont slavisées ou russifiées encore plus, en ont réduit certaines parties ou en ont ajouté d’autres, en amplifiant le texte original. Ensuite, le prototype italien d’après lequel a été faite la traduction roumain n’est pas non plus identifié jusqu’à présent. Nous-même avons été contraints d’utiliser pour notre recherche l’édition Bottari de 1740, publiée à Rome, laquelle ne correspond plus actuellement. Mais nous avons trouvé dans l’étude de Maria Corti sur les sources de Fiore di Virtù des matériaux précieux portant sur le manuscrit de Siena 1 et et tout récemment nou s avons eu aussi la possibilité à utiliser même l’original de cet précieux manuscrit. Ce qui frappe à première vue est l’aspect roman de la langue des versions slaves de l’oeuvre FdV traduites du roumain2. La langue de ces versions présente de fait une étroite analogie avec celle de certains monuments de culture slave ancienne, écrits initialement en langue morave ou bulgare, mais gardés en copies de rédaction russe, plus tardives. Ainsi, le célèbre Sbor-nik (Recueil) du kneaz russe Sviatoslav, des années 1073 et 1076 3, est au fond le Sbornik du tsar bulgare Siméon, écrit sous le titre Zlatostruj, probablement jusqu’en 920, par Siméon même, à Preslav, capitale de la Bulgarie 4, en dialecte de l’est. Comme une preuve de premier ordre de ce que nous venons d’affirmer, nous considérons les quelques corrections, ratures, attestations et notamment es formes dialectales appartenant à la langue bulgare de l’est : nebonb «car», iwibze « parce que, étant donné que », tbciç « seulement », ti « et », delà, dëlmo 1 Maria Corti, Le fonti del Fiore di Virtù e la teoria della nobiltà, p., 3 u., note 2. 2 Voir, dans ces problèmes, la monographie de P. 011 e a n u, Fiore di Virtù, d’un exposé plus détaillé. 3 Izbornik Velikago knjazja Sviatoslava Jaroslaviia 1073 goda, Petersbourg, 1880 ; V. S i-manovskij, K istoriij drevnerusskich govorov, Varsovie, 1887; Sbornik Svjatoslava 1076 goda, Varsovie, 1894. Les deux recueils ont été édités en photocopies par R. Aitzetmüller, I. Matl, Linda Sadnik, tome III, dans «Monumenta linguae slavicae dialecti veteris fontes et dissertationes», Wiesbaden, 1965. 4 E. Georgiev, Razcvetbt na bblgarskata literatura v. IX—Xv., Sofia, 1962, p. 276. 19- 1457