450 MARIA COMÇA 4 se sont développés du type pragois, adoptant seulement le décor ondulé Mais aux côtés des vases de type pragois, il y a aussi — de manière sporadi-que, il est vrai (du moins jusqu’à présent) -—le pot, de facture certainement romaine provinciale 2. Plus fréquents sont les pots au décor composé de lignes horizontales et ondulées, confectionnés selon la technique locale, mais avec quelques différences de forme par rapport au type pragois, alors qu’ils montrent en échange des analogies avec les pots (urnes) d’origine romaine provinciale de Pannonie et du Noricum 3 (fig. 1). Il est évident qu’en dehors du type pragois les Slaves ont adopté aussi les formes similaires produites par la civilisation romaine provinciale. D’autres formes se sont développées partant des types connus en Bohême et Moravie dès l’époque des migrations 4. La céramique d’usage commun n’est pas la seule à provoquer l’évocation de l’influence romaine ou de la présence au Nord du Moyen-Danube des produits romains ou de tradition romaine. Dans la nécropole de Devínska Novà Ves il y a des cruches qui attestent également la persistance d’une poterie de bonne qualité. Celle-ci provient des ateliers de l’ex-province de Pannonie, qui ont continué de produire longtemps après que la domination romaine eût cessé dans ces territoires. De même les cruches amphoroïdales attestées dans les établissements moraves (Staré Mésto, Blucina, Rousinov, près de Brno) 5 et considérées parfois d’origine byzantine représentent toujours des traditions romaines de la région pannonique, où du reste les ateliers de cette sorte ont persisté longtemps, jusqu’au Xe siècle6. À l’époque d’expansion de l’État morave, les métiers de cette sorte se sont déplacés, introduisant la confection des produits similaires dans certains centres moraves aussi. En ce qui concerne le métier du potier et la diffusion de l’ornement ondulé chez les Slaves du Moyen-Danube, nous distingons d’une part une 1 Ces vases ont gardé la forme tronconique dans leur portion inférieure, avec l’embouchure largement ouverte et le fond étroit ; le col bas et le rebord plus ou moins évasé ; la partie de raccord du col avec la pense très cintrée; le diamètre maximum se trouvent toujours dans cette région. 2 Un pot de facture typiquement romaine provinciale, pouvant être daté fort probablement aux VIe — VII- siècles, a été découvert à Bohusovice et il se trouve à présent au Musée National de Prague (no. inv. 17961, 1924) ; il a été publié et attribué comme tel par J. Neus-tupny, dans « Slavia », I, 1948—-publication qui pour l’instant ne nous a pas été accessible. Nous devons ces renseignements à R. Turek, auquel nous lui exprimons notre gratitude par cette voie également. 3 Ces types, à la différence du type pragois, ont le diamètre de l’embouchure à peu près égal au diamètre du fond ; leur diamètre maximum se trouve soit au niveau de la partie du raccord du col avec la pense, soi vers le milieu de la pense. De même les gourdes en forme de bouteille sont — à notre avis — la transposition dans une technique plus grossière des formes similaires du répertoire céramique romain provincial de Pannonie. 4 Cf. J. P o u 1 i k, Jizni Morava..., p. 87, fig. 44/a—b ; fig. 124/b, c; fig. 125; fig. 126/ a, d; fig. 127—130. 6 Ibidem, p. 116, fig. 64/a,b et plus loin la fig. 99; idem, Staroslovanskd Morava, pli. XXVII—XXIX. 6 En Hongrie, des formes similaires sont connues déjà à l’époque des Avares ; celles-ci se sont conservées sur le territoire de l’ancienne Pannonie, avec quelques modifications, jusqu’à la haute époque féodale (cf. A. Sôs-S. Bôkônyi, Zalavdr, Budapest, 1963, p. 304, pl. XCI1/1—2, 8—9).