11 L'ACCUSATIF DANS LES LANGUES SLAVES 171 le datif, le locatif, etc. Mais, en indiquant un rapport entre le mot principal et l’objet, l’accusatif se distingue de tous les autres cas par le fait que l’action exprimée par le verbe qui l'accompagne se dirige vers toute la substance indépendante. Ce sens constitue, donc, l’essence de l’accusatif, par rapporta -d’autres cas qui, eux-aussi, désignent la relation 1. D’autre part, comme expression de l’action vers l’objet dans sa totalité, l’accusatif se trouve en corrélation avec le genitivus partitivus 2. § 14. Les rapports établis entre le complément d’objet et le verbe ont un contenu logique3. Pour exprimer des rapports concrets entre les mots, la langue a besoin ■de prépositions. Au contraire, pour désigner des sens ou des rapports abstraits, le cas se dispense de cet instrument grammatical. Dans une langue comme le russe les constructions prépositionnelles se sont développées surtout à partir du XIXe siècle4. La fréquence croissante des constructions prépositionnelles au détriment de celles sans préposition représente l’essence de l’évolution de l’emploi des cas dans les langues slaves 5. Les prépositions y sont employées au sens propre (lorsqu’elles désignent l’espace) et au sens figuré (lorsqu’elles désignent le temps, la cause, le but, etc.). Les sens temporels des prépositions forment une phase intermédiaire dans l’évolution du concret vers l’abstrait. Les rapports de cause, de but et d’autres rapports logiques se sont fixés dans la langue à une époque relativement récente. Dans toutes les langues slaves (y compris le bulgare et le macédonien) le sens des constructions prépositionnelles dépend de plusieurs facteurs : a. de la nature grammaticale du mot principal ; b. du sens lexical des termes du syntagme ; c. du contexte général et du type de la proposition 6. 1 Cf. aussi le point de vue d’A. M e i 11 e t, Beedemte..., p. 347. En ce qui concerne cet aspect du problème voir aussi E. M. K o 1 p a k UA0C0çf>UH ¿paMMamuxu (traduit de l’anglais), Moscou, 1958. 2 Voir V. V. Vinogradov, PyccKuü H3biK. fpaMMammecKoe ynenue o CAoae, Moscou-Léningrad, 1947, p. 174. 3 En ce qui concerne les fonctions logiques des constructions casuelles voir A. S e c h e -h a y e, op. cit., Voir aussi les travaux cités ci-dessus. 4 Cf. V. V. Vinogradov, op. cit., p. 693—695. Voir, aussi O'iepKit no ucmo-punecKOÜ ,'pa.MMamuKe pyccKoeo Aumepamypnoeo ji3biKa XIX eem (Ilod peàaKiiueü madeMUKa B. B. Bunoepadosa u doKmopa (fiuAOAoemecKUX uayi< H. K). Uleedoeoü), Moscou, 1964, p.225—276. 5 Cf. K. H o r â 1 e k, Üvod do studia slovanskÿch jazykù, Prague, 1955, p. 231. 6 En ce qui concerne l'origine du système analytique de la langue bulgare et l’emploi du complément d’objet direct dans cette langue voir Ivan Duridanov, KbM npoÔAe-Mama 3a pa3eoH na ôbAiapcKun e3UK om cunmemu3bM, KbM ana.mminhM «roamiiihhk Ha Co(j)HHcKHH yHHBepcHTeT. (tiHJiojiorHHecKH (J>aKyjiTeT», LI, 1, 1955, Sofia, 1956, p. 85—273; I. S. M a s 1 o v, OnepK 6oA,