454 MARIA COMÇA horizontales ou de lignes horizontales associées à des lignes ondulées 1, continuant de vieilles traditions autochtones, héritées soit de la céramique dace, soit par la filière romaine provinciale ou «barbare»2 (fig. 4/2-12). L’ornement de lignes ondulées a pu parvenir en Transylvanie par les populations germaniques aussi qui l’ont pris à leur tour dans les milieux romains provinciaux, mais hors de la Dacie. Grâce au contact avec la population carpato-danubienne, les vieilles tribus slaves venues dans notre territoire aux VIe — VIIe siècles, devaient passer graduellement durant les siècles suivants de la poterie confectionnée à la main et sans ornement (type pragois ou autres types contemporains) ou tout au plus avec des encoches ou des alvéoles accusées (Suceava, aux points Çipot et Parc, etc., ainsi que la céramique de la plus vieille phase de la civilisation de Hlincea I) 3, à la céramique confectionnée au tour, ornée de lignes horizontales et ondulées 4. 1 K. Horedt et ses collab., §antierul « Asezàri slave în regiunile Mures çi Cluj », in SCIV, III, 1952, p. 337, fig. 17/20, 22, ainsi que d’autres fragments représentatifs inédits; Valeriu Leahu, Raport asupra sâpâturilor arheologice efectuate în 1960 la Câjelu Nou, in «Cercetàri arheologice în Bucureçti», I, Bucarest, 1963, p. 40, fig. 26/4 ; Vlad Zirra et G h. C a z i m i r, Unele rezultate aie sâpâturilor arheologice de pe Cîmpul Boje din cartierul Militari, ibidem, p. 68, fig. 16/11 ; Margareta Constantiniu, Sâpâturile de la Bucurestii Noi, 1960, ibidem, p. 95, pl. 1/5; p. 97, pl. II/7—8; p. 99, pl. III; p. 101, pl. V/1,2,5; idem, «Sâpâturile de la Strâulesti-Mâicânesti», dans Cercetàri arheologice în Bucuresti, II, 1965, p. 180, fig. 87/1, 2, 4 ; I. Nestor, Les données archéologiques et le problème de la formation du peuple roumain, in « Revue Roumaine d’Histoire », 3, 1964, p. 421, pl. I. 2 Pour ce dernier cas, nous avons en vue les jarres à provisions (Krausengefâsse) de civilisation de Sîntana de Mures-ïchernéakhov et de la zone carpato-danubienne en général, ornées de lignes horizontales et ondulées ; ensuite, le modèle s'est communiqué graduellement aux pots autochtones, travaillés au tour rapide, aux VIe—VIIe siècles, et plus tard à la céramique slave. 3 La céramique décorée d’encoches et d’alvéoles était connue en Roumanie aussi avant la venue des Slaves, par la poterie dace (les pots confectionnés à la main, surtout en Transylvanie), ainsi que plus tard (mais de manière plus sporadique), à l’époque des migrations (dans différents complexes sarmatiques ou appartenant à la civilisation de Sîntana de Mures-Tcher-néakhov). Dans ce dernier cas, il s’agit de la poterie apportée des régions nord-pontiques par les diverses peuplades en migration. L’on ne saurait établir des rapports génétiques entre les ornements en usage dans les complexes susmentionnés et la céramique slave, parce que ces ornements disparaissent à l’époque des migrations. Ils ne devaient pas se montrer de nouveau au VIe siècle, mais ils réapparaissent dans notre pays au VIIe siècle, par l’entremise des tribus slaves dans la zone extracarpatique et des tribus slavo-avares dans la zone intracarpatique. Outre le fait que partant du matériel rassemblé jusqu’à présent on ne saurait affirmer la persistance sans interruption de ces ornements, il nous faut ajouter aussi qu’aux VIe — VIIe siècles, l’aire de leur diffusion dépassait de beaucoup le territoire de la Roumanie actuelle. Ces ornements constituaient des éléments décoratifs caractéristiques pour tous les établissements slaves sis entre les Carpates Boisées et le cours moyen et supérieur du Dnieper. De là ce système de décoration apparaît de nouveau sur le territoire de la Roumanie, avec le passage de certaines tribus slaves vers la péninsule balkanique dans les parties orientales ou par les tribus slavo-avares dans les régions intracarpatiques. 4 En ce qui concerne la Moldavie, ce passage a été récemment étudié par M. Petrescu-D î m b o v i ( a, dans son ouvrage Considérations sur le problème des périodes de la culture matérielle en Moldavie du VIe au Xe siècle, in « Revue Roumaine d’Histoire », VI, 2, 1967, p. 181— 199. Pour ce qui est de la céramique que l’auteur estime comme autochtone (fig. 1), selon notre avis elle aura pénétré en Moldavie méridionale, venant de la zone souscarpatique du