428 TR. IONESCU-NI5COV 20 problème est celui Des origines des Roumains 1, que Vasile Maniu, secrétaire de la Section Historique de l’Académie Roumaine, appréciait comme étant d’une indiscutable importance (Diese Arbeit hätte für die romanische Geschichte ein unbestrittenes Verdinst) 2. L’auteur était un adepte convaincu de la Continuité des Roumains en Dacie. En utilisant de nouvelles sources historiques, archéologiques et narratives, le professeur Pic développe un plaidoyer convainquant en faveur de la thèse de la Continuité. Au cours de l’année 1885, Pic entreprend un voyage d’études en Roumanie, afin de s’informer, sur les lieux mêmes, des caractéristiques anthropologiques de la population roumaine. C’est dire que l’historien tchèque faisait appel au plus grand nombre d’arguments pour combattre les théories adverses. De retour à Prague, Pic, rédige un ouvrage concernant la Controverse roumano-magyare 3 où il fait entrer aussi les arguments d’ordre anthropologique. L’auteur établit deux types, tant pour les daco-roumains provenus de la romanisation des Daces, que pour les Roumains de Macédoine, descendants des Thraces romanisés: le type dacique et le type roman. La perpétuation du type roman s’explique par le grand nombre de colons romains, amenés en Dacie par l’administration romaine. Al. D. Xenopol qui, à cette date, avait déjà pris position contre la théorie roeslerienne, souligne, dans un compte-rendu, la valeur remarquable de l’ouvrage du professeur tchèque 4. Le fait d’utiliser une méthode toute nouvelle pour l’époque — celle des traits anthropologiques — attirera l’attention de Hunfalvy, lequel -— tout en se déclarant ignorant en matière d’anthropologie (bien ich in der sogenannten „Anthropologie" ganz unwissend), arrivera à polémiquer avec Pic, en continuant de défendre sa thèse, celle du transfert total de la population daco-romaine au sud du Danube 5. Pic toutefois, désirant étendre le champ de ses documents scientifiques, dresse un plan d’action qui comprenait des recherches et des fouilles aux lieux mêmes, c’est-à-dire en Transylvanie. Dans une lettre du 1-er octobre 1883, adressée à Aurel Muresanu rédacteur responsable de la „Gazeta Tran-silvaniei" 6, Pic se plaint de n’avoir pu pénétrer en Maramurer où il aurait, probablement, voulu entreprendre des recherches archéologiques; vraisemblablement, le problème qu’il considérait, à son point de vue, le plus important était celui de la Continuité des Roumains au nord du Danube, à l’appui de laquelle il cherchait des preuves dans le domaine de la culture matérielle ; c’est aussi la raison pour laquelle il se déclarait tout disposé de participer à une éventuelle campagne de fouilles dans les montagnes ou d’anciennes grottes. Il prie donc M uresanu et V. Glodariu, professeur au Gymnase de Brafov, qu’ils lui envoient des matériaux documentaires et des noms de localités roumaines de Transylvanie remontant jusqu’avant 1437, afin d’être à même de répondre à Hunfalvy 7. 1 Cf. Ueber die Abstammung der Rumänen, Leipzig, 1880. 2 Voir V. Maniu, Zur Geschichtforschung..., p. 89. 3 J. L. Pli, Zur rumänisch-ungrischen Streitfrage, Leipzig, 1886, p. 3 et les suivantes. 4 Voir «Gazeta Transilvaniei », Brasov, XLVIII, no. 259 du 21/XI —3/XII, 1885. 4 Voir P. Hunfalvy, Neuere Erscheinungen..., p. 194 — 202 6 Musée Régional de Braçov, Fond Muresanu, Dos. 124, no. 3149. 7 Lettre à A. Mure?anu, datée du 3 nov. 1883 (Ibidem, no. 3150).