29 L’INFLUENCE ROUMAINE SUR LES LANGUES' SLAVES 87 g r i n d à ( < si. grçda, DLRM 347) « pièce de charpente horizontale, en bois : poutre » > bg. grinda « poutre » BER III 282 ; ukr. grÿnda « pièce en bois soutenant le mur » Sche- S ludko 131. groapà (comp. alb. gropë, TDRG IX 315) «creux dans un terrain, trou, cavité en terre —fosse » > bg. gropa (dial.) «fosse où l’on éteint la chaux; fosse à ordures» BER IV 285, top. Groapadeban (dans le Lomsko ; cf. aussi au roumain groapa de bani « fosse contenant un trésor (de monnaies) ») Duridanov MN 37 ; scr. gropa «creux dans le sol; endroit situé en contrebas ; dépression ; vallée» RSA III 682 (considéré être d’origine albanaise) ; ukr. Grôpa top. Scheludko 131, Sarovol’s’kyj 53, 58 ; pol. grapa, drapa «pente, pente abrupte» Atlas N—M 332, SG II 124—125, Lukasik 211, SX) II 1298, Mitu 87, top. Grapa, Gropa, Gropiertiec (au Podhale, Orawa) Lukasik 269, Gol^b 65 ; slov. grapa «guéret aride, pierreux; pente, pente abrupte » "S S J I 441 ; tch. (mor., val.) grapa f., grap m. «pente, côte abrupte, ravin, gouffre, abîme (dans un lac), plaine non fertile » Bartos DM I 211, SSjC I 550, Svërâk 114, (z)grapa, zdrapa «.id. » Vasek 39. ïiopan dial. (< groapâ + suff. -an) «augm. de groapà», DLRM 348> bg. dial, gropan « creux dans le sol, fosse » BER IV 285 ; scr. geopan « fossé pour l’eau (qui s’écoule), creusé d’habitude à proximité d’une rivière » RSA III 682. gFos (< lat. grossus, DLRM 348) « dans une collectivité, la partie la plus dense, qui constitue une quantité considérable (cf. aussi à l’expression roum. din gros « en quantité ») > ukr. gros « troupeau de moutons comprenant aussi des agneaux » Hrinèenko I 351, Scheludko 131, Sarovol’s’kyj 53, 55, oron. Grosulec Horbatsch. (as e) ingroça (< lat. *ingrossiare < grossus, DLRM 420) «devenir plus dense, plus gros, plus épais (en parlant notamment du lait: le lait's’épaissit)» > scr. (u)gruiati se «s’épaissir, tourner (en parlant du lait) » Capidan 677—678, Puçcariu 228. girui (dr. dial., v. dr. gruA< lat. * grunnium, CADE 562) «sommet, côte d’une colline; colline, butte, tertre» > ukr. grun, hruü «côte de montagne, flanc» Hrinienko I 351, URS1 I 368, Kobyl’ans’kyj 83 ; pol. groti, gruti', gruj « id. » (dériv. : groniôwka « rocher fendu») Lukasik 211—212, Atlas N—M 321, top. Groû, Gronie, Groniki, Groni-czek, Groniowa (au Podhale) tukasik 264, Gohj.b 264 ; slov. griin « côte rocheuse ; Colline » (dériv. : grùnik, dim.) SSJ I 444 ; tch. (mor., val.) grûfi « flanc de montagne herbeux » SSjC I 552, Svërâk 114, Bartos DM I 211, mor. slov. top. Grufi, Grunik, Hrun Vâlek 143 ; cf. aussi au scr. gruja « gros morceau de rocher détaché » RSA III 704, grun « motte » RSA III 706. gjunâ (< lat. gunna, Capidan 200) «manteau fourré, pelisse» > bg. guna «vêtement court, porté par les femmes, garni de fourrure de renard » (dériv. : gunja « manteau long et épais », gunce « manteau », gunetina « vêtement d’homme », gunteS « sorte de manteau ») BER IV 294 ; scr. gunj, gunja, gunjina « vêtement de pâtre » Rosetti ILR IV—VI 129 ; sloven. gunj, gunja « manteau paysan de bure » Puçcariu 287 ; ukr. hûrïa « vêtement de bure ou de gros drap » Hrincenko I 340 (dériv. : hûnka dim) ; pol. gunia, gunka « vête-, ment long en gros drap ou autre tissu épais », dériv. dim. guAka, Atlas N—M 385, 390 399; SG II 147. Lukasik 222; slov. huna 1. «vêtement long en tissu épais ou peau de mouton », 2. « couverture épaisse de laine ou fourrure de mouton » SSJ I 539 (dériv. : hunka dim.); cf. aussi en tchèque houtie (dial. huAê, hunè < slov.) 1. «couverture en gros drap; couverture joliment ornée (habituellement brodée) pour le cheval de selle », 2. « chemise d’homme, longue », SSJC I 636. g|u r à (< lat. gula «gosier, cou» DLRM 350) > bg. gura «fleur de l’Anthirrhinum majus, appelée aussi « fleur-de-chien » BER IV 295, Rosetti ILR IV—VI 126; cf. scr. gurica « petit orifice dans un instrument à vent, populaire, de la forme d’une flûte » RSA III 764 (qui le fait dériver du roum. gaurâ) ; mor., val. güry (f. pl.) 1. «don en nature que l’on reçoit le jour où l’on tue le cochon (d’habitude un morceau de l’échine du porc) » ; 2. «petit banquet qu’on fait le jour où l’on tue le porc », 3. « tuer le cochon » (dériv. : gürovÿ adj. dans l’expression gurovd polévka « sorte de potage aigrelet que l’on fait d’habitude lorsque l’on tue le cochon ») Svërâk 114, Vasek 39. g'uçâ (< ?) > bg. guSa «goitre» (dériv. : guSav, guiavec 1. «cerf goitreux» 2. «vermisseau d’eau » ; guSest, guSnik dans l’expression izkarahme ■ gusnika « nourriture quotidienne ; salaire» ; guSnica « salaire », guSalka «cache-nez» ; guSoglav « nu-tête » guSâ « se coucher », guSa se, guskam «embrasser») BER IV 25, Capidan DR III 201 ; cf. scr. guSa «partie antérieure du cou; goitre», top. GuSak (en Bosnie)-Rosetti ILR IV—VI 129; ukr.