358 C. N. VELICHI 6 L’un des membres de cette famille, Hagi Toma Pesicu, le père de G. Pe-Sacov, a été entrainé à son tour dans le commerce que les marchands Arou-mains de l’Empire ottoman entretenaient avec l’Empire des Habsburg. De Vlaho-Clisura, traversant Vidin — où il paraît qu’il demeura quelque temps — il vient à Craiova et s’y marie avec une Roumaine dont on ne connaît pas le nom. Plusieurs enfants sont nés de ce mariage. Il résulte des manuscrits laissés par PeSacov que ses parents ont eu trois fils — Nicolae, Hristache et Georges 1 — et trois filles — Catherine, Annie et Mariette2 Parmi les garçons Georges, notre poète, était le cadet. Hagi Toma perd sa femme dans des circonstances restées obscures 3, alors que la famille était fixée en Olténie — probablement à Craiova. Un peu plus tard, avant 1796, Hagi Toma prend une seconde femme. Nous ignorons également le nom de sa seconde épouse, mais de cette union est né un autre fils, Tacul, venu au monde vers 1797 4. Mais les temps étaient difficiles et le commerce bien entravé par les dé-pradations des « cyrjali » de Pasvantoglu. C’est pourquoi les migrations de Vlaho-Clisura, celle de la famille des Pesica y compris, devait cesser temporairement. Hagi Toma Pesacov poursuit à travers mille difficultés son négoce, remontant jusqu’à Braçov. En 1802 il se trouvait dans cette ville, en compagnie de son cadet. Il paraît qu’il y demeura jusqu’en 1804. En tout cas, le poète affirme avoir vécu à Brasov en 1802—1804. C’est là qu’il a dû faire des études 5, car c’est dans ce milieu qu’il a pu connaître Zaharia Car-calechi. Peut être que ce fut toujours là qu’il a appris le métier d’horloger. Toutefois, en 1805 il se trouvait de nouveau à Craiova et fréquentait l’école de cette ville. Cette même année, les hommes de Pasvantoglu attaquent par surprise Craiova, mettant la ville au sac et ramenant avec eux quantité de gens, en esclavage. Parmi ces derniers il y avait aussi notre poète, surpris s’est étendu ensuite à toute la parenté. Il n’en reste guère des traces au sujet des asciendant du père de Georges Pesacov. Mais, dans son voyage vers la Valachie, comme bien d’autres comme lui, il a dû traverser Florina, Bitolie, Veles, Skopje, Lescovetz, Nié Zaiôar, Kula, Vidin, Calafat, Craiova — ainsi que l’ont fait les familles venues plus tard. (Gigi Orman, Din trecutul Craiovei, cartierul Clisura, dans «Arhivele Olteniei», VII, Craiova, 1928, no. 35, p. 115). 1 Ses deux frères, Nicolae et Hristache, sont mentionnés dans son manuscrit « Socoleala mea cdtre casa pârinteascà, pentru tof i moçtenitorii rdposatului tatâlui nostru Hagi Thoma Penciu, de la anul 1808 pînâ la anul 1811, în diastimâ de trei ani de zile » (Mon compte rendu envers la maison paternelle, pour tous les héritiers de feu notre père Hagi Thoma Penciu, depuis l’année 1808 jusqu’à l’année 1811, dans un intervalle de trois années), à la Bibliothèque de l’Académie, mss. roum. 1277, ff. 115—117. Catherine y est également mentionnée (f. 115v). 2 Pesacov mentionne ses soeurs dans une lettre qu’il envoie à sa femme, Persida, le 22 décembre 1835, Bibliothèque de l’Académie, mss. roum. 1276, ff. 24—24v. 3 Elle est morte quelque part en Olténie, peut être à Craiova, comme l’écrivait plus tard son fils, en affirmant que c’est là que « gissent les restes de ma mère, de, mes frères et de mes enfants », mss. 1277, ff. 72—73. 4 Dans une plainte adressée au Tribunal de Craiova en 1843, Pesacov écrit au sujet de Tacul «comme à un véritable frère, que je le croyais bien qu’issu d’une autre mère, marâtre et ordinaire... élévé par moi — en tant que demeuré à l’âge de seulement 11 ans, après la mort de mon père et de sa mère, qui ont décédé alors, à la même époque » (ms. 1277, f. 84). Comme Hagi Toma Pesacov est mort en 1808, quand Tacul avait 11 ans, il s’ensuit qu’il a dû se marier la seconde fois avant 1796 et que Tacul est né cette année, en 1796. 5 V. la lettre de PeSacov à Z. Carcalechi, chez Ciorânescu, op. cit., p. 370.