commandant (staroste) de Cernâuti, en 1569, relié entre le 14 avril et le 5 août de l’année 1571 (no. 59). Mais on insiste surtout sur la description des broderies religieuses. Le voile au type de l’Annonciation (no. 71) peut remonter à l’an 1483. On décrit dans le menu le grand rideau offert en 1510 par le prince Bogdan et représentant la Dormition de la Vierge; la scène est entourée de médaillons où l’on distingue les apôtres en train de prêcher l’évangile, chacun dans une cité différente, au moment où des anges viennent leur annoncer le trépas de la Théotokos. L’auteur a repéré également sur l’un des bords du voile en question des noms brodés qui peuvent être ceux des moines qui ont exécuté ce chef-d’œuvre de l’art féodal moldave. En ce qui concerne les épigonatia, l’auteur estime que celui orné de la Platytera (no. 81) doit appartenir au XVII-e ou au XVIII-e siècle, et non pas au XV-e siècle. Le voile no. 87 représente la communion des apôtres sous les yeux de la Vierge et a ceci d’imprévu que c’est l’apôtre Pierre (et non le Christ comme le croyait Tafrali) qui célèbre la Cène. -s L’auteur publie encore un antimension (no. 88) à peu près inconnu, consacré par Gédéon, métropolite de Moldavie, vers 1653 — 1658. La seconde partie de cet article, publiée dans le présent volume, fait suite à la précédente. Elle renferme en outre la description de quelques objets inconnus jusqu’ici. En ce qui concerne les voiles de tombeaux, l’auteur décrit en détail celui qui recouvrait autrefois le dernière demeure de la princesse Maria VoichiZa, veuve de Radu le Bel, voévode de Valachie, ensevelie à Poutna en 1500. Par sa décoration, cette pièce (no. 93) rappelle les pierres tombales valaques. L’étude des belles et riches étoles de Poutna s’enrichit ici d’une foule de détails et d’observations. On notera que l’étole no. 98 ne date pas de 1469, mais de 1489, la date qui y est brodée étant en fait 6997, au lieu de 6977 comme on le croyait jusqu’à présent, par confusion du signe G (90) avec 0 (70). Ceci renverse le classement que Gabriel Millet avait proposé pour ce type d’étoles. Le savant français croyait que l’étole no. 100 en était une copie ; l’auteur estime que la princesse Marie mentionnée sur l’étole no. 100 ne peut être Marie de Mangup, mais la troisième épouse d’Etienne le Grand, Marie Voichi£a. Il identifie par ailleurs les saints brodés sur l’étole de Mathieu et Théodosie, s’écartant par endroits des lectures de G. Millet. L’article renferme également de menues observations portant sur les omophoria de Poutna (no. 105 — 107), sur un manipule au type de l’Annonciation (no. 110 — 115) et sur le phélonion offert en 1614 par le prince Etienne Tomça (no. 116). Quant aux pièces inédites du trésor de Poutna, l’auteur fait connaître l’étole donnée par la princesse Marghita, veuve du voévode Siméon Movila (laquelle se rattache dans une certaine mesure, stylistiquement parlant, à certains étoles valaques du XVII-e siècle); puis celle commandée par Etienne Tomça en 1621 ou 1622 (les noms des saints qui y figurent sont en roumain), ainsi qu’une mitre du XVI-e ou XVII-e siècle, que certains prennent pour une mitre d’archimandrite, mais qui peut tout aussi bien, sinon mieux, être une mitre épiscopale. Des documents des XVI-e et XVII-e siècles rappellent enfin plusieurs pillages dont le monastère de Poutna fut la victime. Nonobstant cela, on peut encore y admirer aujourd’hui le plus beau et le plus unitaire de tous les musées roumains d’art féodal de tradition byzantino-slavonne. 288