détaché du style sacré et a laissé parler son âme, 47—-n’ont pas pu résulter de l’activité des ateliers de copistes des monastères de Neamtz et de Putna. La preuve de notre affirmation est faite par l’évolution du style médio-bulgare moldave au siècle suivant. Pendant la première moitié du XVIe siècle il y eut en Moldavie un grand lettré, l’évêque, Macaire, ancien hégoumène du monastère de Neamtz, et c’est à lui que fut, confiée la révision et la coordination du Syntagma de Mathieu Vlastaris, demandées à Alexandre Lâpusneanul (1552—1561) par le tzar moscovite Ivan le Terrible (1530—1584), fait que nous avons déjà cité. Le texte de la chronique rédigée (1542), avec des prétentions de style, par le même Macaire pour Pierre Rares, plus d’un demi-siècle après la rédaction de la chronique du voïvode Êtienne, est, à la différence de celle du XVe siècle, dépourvu de vie, artificiel, pompeux et lourd. C’est une simple imitation de la phraséologie creuse, chamarrée et dépourvue de sens de l’ouvrage byzantin de Manassès, que la culture slavo-roumaine connut en rédaction médio-bulgare 48. Par conséquent, au cours de la première moitié du XVIe siècle, la langue médio-bulgare avait cessé de constituer une valeur culturelle vivante et avait d’ailleurs perdu — ainsi que le fait remarquer E. S. Kalluzniacki, qui a analysé le texte du Syntagma revu par Macaire, — ses qualités intrinsèques, devenant un « idiome slavo-roumain »49. Pour illustrer nos affirmations au sujet des textes médio-bulgares déjà cités, nous allons recourir au témoignage direct de deux passages de la chronique de Macaire. D’abord à celui où est raconté le départ de Soliman s’en allant punir Pierre Rares (1538), puis à celui qui décrit la rencontre à Ciceiu, de ce voïvode chassé par les Turcs, avec sa famille. onk (Soliman) >ké iiii'ihco >Ke pa3aoîkhk’k, ha dBïe A'^X»^ 3dnaAHHKI' CBep'knc>A'hi\'<>HiHh h ko\'p<ï\ TMîKKopoyMqiïa h k-kcta crpainHO HKO ATiKk piKTkiH, KÉA'MH Cli CC'EC'/Tv AÉrfOHA A\HOJKhCTKO ... 50. ripocTiph 0K/ftTÏa cKoa h A\HaA©pc>AHKi,i\ A'k™ MAAWWKH'b OKprhHAKh n-baoKaaïue h hk© optau npHKphmaauif opAHmnpH e*3- 47 Nous citerons à titre d’exemple un fragment du passage du letopise^, concernant la défaite de Râzboeni. . . . C KTK«PHCT\ HHMH ECU S K’kaCiWK nOTOI^H H K’h3MCTC>UI<î\ TC>(r)Aa KrtfTÏH TSpHH H Ch jfHKA’feMHAlH A\SHT/flHÉ, H HAACniM T8 A^KpÏH KHT/ft/KH H KÉAHKH EOA’bpH HÉ AMAHH A*ePTh H AVAAAÏH KHAUH H KOHCKaa A^Kp*» *< H \'PaKP|H *®nanH x'Scapt iic-touhiii/a ca tcta^, ï K'KICTK TOrAA CK'hpEh KfAÏA Kh A\CAAAKCTArhl 3ÉAXAH ... . 48 Cf. l’édition d’ion Bogdan, Bucarest, 1922. 49 E. T u r d e a n u, ouvr. cité, p. 60 60 Ion Bogdan, Vechile cronici, p. 157. 221