raprochement avec la «legende» d’Asaki. Al. Bistrifeanu, G. Asaki, si folclorul dans la publication « Limbâ si literaturà », I (1955), p. 23, le croit « imitée » d’après la Lennre de Bürger ou d’après d’autres motifs, puis complétée d’éléments populaires roumains. Ainsi donc sa source n’a pas été identifiée jusqu’à présent. Une autre ballade empruntée par Asaki à Mickiewicz est celle qui se nomme Jijia. Entre le Prouth et la rivière de Jijia se trouve un lac alimenté par des sources souterraines. Pendant le jour, l’eau y est cristalline « luisante comme de la glace », la nuit elle reflète la voûte du ciel, en sorte que la lune et les étoiles ■qu’on y voit briller merveilleusement semblent s’être redoublées. Il faut une certaine témérité pour traverser ce lac pendant la nuit. Du fond de l’eau montent souvent vers la surface des spirales de fumée et des étincelles, cependant que se font entendre de tristes voix de vierges. Puis, lorsque le feu s’éteint et que rien ne vient plus troubler le miroir limpide du lac on peut entendre disticté-ment dans le silence comme de plaintives prières murmurées par des voix de femmes. L’intrépide boyard Condea, maître du domaine au lac merveilleux a décidé avec ses gens, d’en pénétrer le secret. Il fait faire de solides filets de pêche et construire des barques. 11 fait venir enfin un prêtre pour officier et bénir l’entreprise. On jette le filet au fond du lac, et lorsque à grand peine on commence à le hisser, il est si lourd, et l’eau gronde et bouillonne si furieusement autour de lui, que certains des gens du boyard effrayés, prennent la fuite. Quand enfin le filet a été ramené à la surface, on voit apparaître dans ses nets une belle fée. aux cheveau noirs et au visage lumineux. S’adressant avec douceur au boyard Condea, elle lui dit qu’aucun de ceux qui ont traversé jusqu’ici le lac pendant la nuit n'en est pas revenu vivant, mais qu’en souvenir de leurs ancêtres communs dont le sang coule aussi dans ses veines à elle, elle va lui conter l’histoire du lac. Dans des temps très anciens sur l’emplacement actuel du lac, se trouvait un couvent de religieuses, si bien caché au fond des grands bois qu’il était à peu près inaccessible aux hommes. Un jour, pourtant, une nuée d’envahisseurs venus de l’orient découvrit par hasard le chemin de ce couvent perdu au coeur des montagnes. Dans la nuit, on fit bientôt entendre un galop de chevaux qui se rapprochait de plus en plus, ainsi que le vacarme assourdissant des cavaliers. Lorsque ne subsista plus aucune chance de salut, les religieuses supplièrent le ciel de faire en sorte que la terre les engloutit. Elle sentirent tout à coup le sol s’enfoncer doucement sous elles, engloutissant le couvent sous le miroir tranquille du lac, apparu soudain. Et depuis elles y vivent priant nuit et jour pour le salut de leur pays. Quant aux envahisseurs on n’en retrouva pas trace. Tandis que la fée continuait à parler, le filet commença à s’enfoncer lentement dans le lac et nul ne la revit plus jamais depuis u. Dans le sous-titre de la ballade G. Asaki a indiqué qu’elle était « imitée, d’après un récit populaire ». Comme pour la ballade Turnul lui But, les historiens littéraires ont trouvé des thèmes semblables chez A. Odobescu, Cîteva ore la 21 Ballade publiée par Asaki d’abord dans « Almanah de invàÇâtura çi petrecere ». XII, (1853), p. 114 — 120, puis dans sa Culegere de poezii, Iassy, 1854, p. 229 — 237. Bécem-înent publiée dans l’édition déjà citée de N. A. Ursu, p. 175—183. 128