a valu à certains d’entre eux quelques petits dommages et à d’autres la perte de quelques marins atteints par les balles échangées entre les autorités et les volontaires 36. Le dimanche 13 Juillet vers 6 heures du soir, les 284 volontaires se rassemblèrent pour le départ. Tatici prononça une courte allocution faisant appel à ses hommes et leur demandant de se plier à la discipline la plus sévère aussi bien à Braïla que plus loin à l’étranger, et de ne se servir de leurs armes que dans les cas les plus extrêmes. Vers le soir, la bande des volontaires se mit en marche vers le port en traversant la ville. A leur suite venaient plus de 2000 personnes, hommes, femmes et enfants qui les accompagnaient vers la rive du Danube en les acclamant. Derrière eux venaient les 2000 hommes armés, la milice et les territoriaux 37. Lorsque la bande des volontaires arriva dans le port pour s’embarquer dans le grand caïc qui les attendait sur la rive, les autorités firent une nouvelle démarche auprès des volontaires pour les prier de remettre leur départ. Les insurgés refusèrent ajoutant que, au cas où l’armée ferait usage de ses armes, ils répondraient eux aussi de la même manière. Lorsque les premiers hommes commencèrent à s’embarquer, ils s’aperçurent que quelqu’un avait détérioré la caïc. Dans le même moment, comme le relate Pappasoglu, on entendit la première sommation et 10 minutes après, la seconde sommation du capitaine Manu. Les armes furent chargées il y eut une troisième sommation et après un bref commandement l’armée se mit à tirer. De nombreux occupants du caïc furent blessés, d’autres sautèrent dans le Danube essayant d’atteindre la rive à la nage. D’autres encore, avec ceux qui étaient sur la rive, répondirent à la salve des soldats en faisant usage de leurs armes, et blessèrent un sous-officier. Une deuxième salve suivit et les volontaires commencèrent à fuir sur le rive dans toutes les directions, cherchant un abri pour pouvoir commencer la lutte38. Tatici, avec une trentaine d’hommes luttait avec obstination. Vers le milieu de la nuit, la lutte prit fin et les pourparlers auxquels participèrent quelques négociants bulgares de Braïla commencèrent. Quelques-uns d’entre les volontaires réussirent à se glisser dans la ville ou dans les villages voisins. Vers le matin Tatici, avec 29 volontaires, se rendit après avoir obtenu la promesse de l’intervention des autorités auprès de la « Haute autorité du Prince pour l’obtention de son pardon ». La lutte s’était terminée par la mort d’un sous-officier et 5 soldats étaient blessés. Parmi les volontaires on comptait 5 morts et 9 blessés. Le nombre total des volontaires capturés se montait à 65 hommes, qui furent immédiatement remis aux autorités. On conduisit les blessés à l’hôpital militaire et les autres furent arrêtés et enfermés dans la prison de la ville ou à la police 39. C’est probablement sous l’influence du Colonel Odobescu 40, qui était arrivé à Braïla peu de temps après l’arrestation des volontaires, que les autorités demandèrent à la police de ne pas enfermer le capitaine Tatici et ceux qu’il désignerait lui- 36 Voir l’adresse de 1. Manu dans le dossier des Arch. de l’Etat 989/1841 ïolio 67 — 69 dans Romanski, p. 137. 37 Rapport de Huber dans Romanski, ouvr. cité, p. 101. 38 Voir la narration détaillée dans Pappasoglu, ouvr. cité, p. 154 — 155. 39 Arch. de l’Etat Braïla, Préfecture, Dos. 246/1841, f. 60. 40 Ibidem, f. 68. 248