mureç la transformation des affriquées c, g, en iï, g, la palatalisation des labiales /, v en s, z, ainsi que la prononciation vélaire du Z (= i), à l’influence ukrainienne. Ces phénomènes sont relativement nouveaux. Pour certains d’entre eux on peut même établir, avec une certaine approximation, leur degré d’ancienneté. Ainsi dans le sous-dialecte du Banat la prononciation d (¡rade) d (vede) est plus récente que la prononciation s (fase), i (fuze), car autrement on serait arrivé à * frase, * veie. Comme les fricatives s, é (< d, d : faée < fade, fuie < fude) sont attestées avant l’établissement des Krasovani dans le Banat, qui eut lieu au XV-e siècle30)—car dans le parler de ces derniers les mots roumains contiennent l’affriquée (é) et non la fricative (par exemple ferbul31, dans le parler du Banat d’aujourd’hui: ¿erb)—, il résulte que les affriquées d, d ne peuvent être antérieures au XV-e siècle a3. L’évolution g> f (en traversant le stade z : fuge > fuze > fufe) dans le sous-dialecte de la région du Cris, n’est pas antérieure au XVIII-e siècle, comme nous l’avons démontré à une autre occasion 33. La prononciation s, z(<*s, * z) au lieu des labiales /, v (sin< fin, zin< vin) et relativement nouvelle aussi. Elle n’est pas attestée dans les textes du XVI-e siècle, ni dans ceux des XVII-e et XVIII-e siècles 34. La graphie de nos anciens textes ne nous permet pas d’établir même approximativement l’ancienneté des autres phénomènes phonétiques discutés dans cet article. Nous croyons qu’eux aussi ne sont guère plus anciens 35. Ces faits viennent donc à l’appui de l’opinion de l’acadéuiicieu E. Petrovici, mentionnée plus haut, à savoir que les sous-dialectes d’aujourd’hui n’existaient pas avant le XV-e siècle s6. ★ Les cinq sous dialectes daco-roumains se caractérisent aussi par des particularités lexicales, c’est-à-dire qu’ils possèdent chacun certains mots dont le champs de diffusion coïncide en grande mesure avec les aires phonétiques respectives. L’académicien E. Petrovici soutient à juste titre que « les mots qui donnent un aspect si varié aux cartes lexicales sont dûs à des emprunts relativement récents faits par la langue roumaine »37. En effet les sous-dialectes roumains se caractérisent du point de vue lexical surtout par des mots empruntés aux langues qui les ont influencés aussi du point de vue phonétique. Des mots d’origine bulgare, plus récents, paraissent dans le sous-dialecte 30 E. Petrovici, Graiul Caraçovenilor, Bucarest, 1935, p. 221. 31 Idem, ibid., p. 115. 3- E. Petrovici suppose d’ailleurs que les habitants du Banat à la venue des Kraê ivani prononçaient l' et d' au lieu de é, d (Graiul Caraçovenilor, p. 104). 33 I. P ä t r u (, dans « Studii çi cercetâri lingvistice » IV, p. 213. 34 Al. Rosetti, Recherches sur la phonétique du roumain au XVI-e siècle, Paris, 1926, p. 87 — 88; idem, Limba romtnä In secolete al XIII-lea — al XVI-lea, Bucarest, 1956, p. 100-101. 35 A propos du mouillement des dentales dans le Banat et la Transylvanie, cf. E. Petrovici, dans « Limba rominä » III, no. 5, p. 16. 36 Voir « Limba romlnâ » III, no. 5, p. 16. 35 Voir « Limba rominä * III, no. 5, p. 16. 41