même des incidents, il avait eu à Braïla une dernière entrevue avec Tatici, et c’est toujours à lui que les Bulgares de Braïla feront appel lorsqu’ils demanderont la libération des volontaires arrêtés. D’autre part, Tatici avait, à un moment donné, l’intention de partir pour Beni et le fait que justement le jour des incidents, 11 barques russes soient venues de Bessarabie à Tulcea, comme l’affirme un rapport consulaire, est des plus curieux. Les barques étaient munies de 11 canons, et les soldats qui ont débarqué là — bas, avaient installé une boulangerie de campagne et avaient même préparé une certaine quantité de pain. Les soldats russes, qui avaient l’air d’attendre quelque chose, n’avaient quitté le territoire turc que mercredi soir moment où ils étaient retournés à Reni64. Dans la nuit de l’émeute, une vingtaine de volontaires furent se sauver grâce à un bateau russe qui les débarqua par la suite à Reni65. Tout ceci fit soupçonner à Billecocq et à Huber l’ingérence de la Russie ou tout au moins celle de Karneev. Mais tandis qu’ils se trompaient lorsqu’ils croyaient dans une ingérence officielle de la Russie, ils ne se trompaient pas lorsqu’ils accusaient Karneev de jouer un certain rôle dans ce mouvement. Une lettre de Kotzebue, consul russe à Iassi, explique ou ne peut mieux, aussi bien l’attitude officielle de la Russie dont la voix se faisait entendre par l’intermédiaire de ce consul, que celle de Karneev. Kotzebue, qui connaissait les mesures prises par les autorités moldaves alarmées par les achats d’armes et de poudre, de Galatz, écrivait à Karneev le 12 Juillet, c’est-à-dire la veille des incidents en lui donnant des dispositions précises. Sur un ton assez sévère, Kotzebue lui ordonnait de ne pas donner d’aide aux volontaires, même s’ils affirmaient avoir servi dans l’armée russe, étant donné que c’étaient des officiers en retraite. Dans le cas où l’un d’entre eux aurait eu un passeport russe, Karneev devait l’arrêter immédiatement et le soumettre à une enquête sévère d’un commun accord avec les autorités de Galatz. On devait enquêter de même tout sujet russe de Galatz qui aurait eu des attaches avec ce mouvement où en aurait su quelque chose. Au cas où les sujets russes auraient eu l’intention de donner une aide quelconque à ces personnes suspectes, Karneev était invité à les en empêcher et à les prévenir qu’ils seraient sévèrement sanctionnés s’ils se ralliaient à ce genre de mouvement. En général, Karneev devait donner tout son concours aux autorités moldaves qui avaient pris les mesures imposées par les événements 66. La note de Metternich provoquée par les rapports venus des Principautés, produisit un certain énervement à Pétersbourg et le gouvernement russe qui reconnaissait tacitement la faute de Karneev, ne le rappela toute fois pas immédiatement pour ne pas montrer qu’il faisait retomber sur lui toute la responsabilité des incidents. En même temps on affirmait à Pétersbourg que la police de Braïla était en grande partie fautive et Al. Ghica reçut des remontrances à ce sujet. En échange, la police moldave de Galatz et de Michel Sturza reçut des éloges, ce qui irrita encore davantage le Prince étant donné ses relations avec son collègue moldave. A cause de cela le Prince envoya aux 64 Romanski, ouvr. cité, p. 95 à 96. 85 B o d i n, Nouvelles informations, p. 477. 66 Lettre de Kotzebue, Hurmuzaki, suppl, I. vol. VI f. 445—444. 253