Ioan de Focçani et d’autres encore. Les Roumains qui avaient participé à l’émeute, perdirent en guise de punition, leur emploi. Dans la nuit du 20 au 21 Juillet (1 au 2 Août), les 36 volontaires arrêtés furent envoyés à Bucarest et enfermés dans la prison de Dudesti. Dix jours plus tard, le 31 Juillet 1841, Al. Ghica, faisant usage des prérogatives que lui donnait le Règlement Organique, ordonna l’envoi des volontaires « au bagne, pour les punir », jusqu’au moment où ils se repentiront de leurs actes, les soustrayant ainsi à la justice ordinaire. Pour un observateur plus attentif ces apparences ne peuvent cacher le véritable sens dans lequel Al. Ghica mit fin à l’incident. Voici ce que dit le rapport du 20 Août du consul français Billecocq: « Le prince Ghica profitant des pouvoirs que le Règlement organique lui accorde dans les cas extraordinaires réputés pour intéresser la sûreté de l’Etat, a ordonné sans jugement préalable l’envoi aux salines des prisonniers Bulgares et Serviens faits à Ibraila. Ils est vrai qu’il s’est réservé par le même décret qui les condamne à cette peine infamante de leur faire grâce si plus tard, ils donnent des signes de repentir ; il devient alors bien clair pour tout le monde qu’en usant d’une sévérité apparente envers ceux que le feu de la milice valaque à épargnés à Ibraila, le Prince Ghika et son gouvernement n’ont été préoccupés que du soin d’adopter une mesure qui, dans les circonstances présentes, les dispensât de livrer à la Porte, qui pourrait les leur demander, leurs prisonniers chrétiens 61. D’ailleurs, Al. Ghica avait envoyé immédiatement un courrier à la Porte, et son agent à Constantinopole, N. Aristarhi avait présenté les choses au Sultan de telle façon que celui-ci remercia le Prince et ne trouva plus nécessaire de demander l’extradition des coupables pour les juger, laissant ce soin aux tribunaux roumains. Bien mieux encore, le Sultan décora les officiers du régiment de Braïla, de l’ordre de « Nisan-Iftiar »62. Le Sultan remercia aussi Mihail Sturza auquel il envoya une tabatière émaillée incrustée de diamants et lui décerna le titre de premier Prince de l’Empire 63. Mais si la Porte se tranquillisa vite et si Al. Ghica put facilement venir à bout des difficultés qui auraient pu naître de ce côté, le Prince eut toutefois des désagréments à cause de l’ingérence des consuls étrangers dans les incidents de Braïla. Les consuls étrangers de Braïla et de Galatz qui avaient observé de près les incidents et en avaient même été parfois les témoins oculaires, avaient envoyé immédiatement des rapports sur ces incidents à leurs gouvernements. L’attitude prise par Metternich et la note qu’il envoya à la Russie et qui se référait à l’attitude du vice-consul russe de Galatz, Karneev amena à Al. Ghica, les désagréments dont nous avons parlé ci-dessus. L’attitude de Karneev laissait en effet entrevoir clairement son ingérence dans le mouvement et la protection qu’il lui avait accordée. Tatici avait chez lui des actes d’identité russes, il l’avait rencontré plusieurs fois en secret et Karneev avait à un moment donné servi d’intermédiaire entre les volontaires rassemblés à Braïla dans la maison assiégée et les autorités. Le jour- 61 Hurmuzak i, Doc. XVII, i. 822. 1)2 P a p p a s o g 1 u, ouvr. cité, p. 157. 63 Hurmuzak i, Duc., XVII, p. 823. 252