en avait environ 6.000) 2 fut aplanie avec beaucoup de difficultés par le protecteur de ces derniers, le vice-consul anglais Cunningham 3. Un de ces rapports consulaires parle de ces quelques milliers de Grecs de Galatz et de Braïla et qui, à cause des révoltes de la Crète suivaient avec sympathie celles des bulgares et des Serbes. Mais parmi eux tous c’étaient les Bulgares qui étaient les plus nombreux et les mieux organisés. Tous ces émigrés qui sentaient entre eux le lien d’un sorl commun qui les avait réunis ici et auquel ils devaient d’avoir fui leur patrie asservie par les Turcs, suivaient avec attention les moindres gestes de leurs conationaux d’au-delà du Danube. Dès la fin du printemps de 1841, la police de Galatz, qui à la suite d’un arrêt temporaire de la vie commerciale du port, avait été amenée à surveiller tout particulièrement les marins et les portefaix sans travail qui se livraient au pillage, avait remarqué quelques personnes suspectes qu’elle surveillait de près. L’une d’entre elles était un capitaine serbe nommé Miloia Stanisla-vovici, qui, accompagné de quelques personnes inconnues, « vêtues de costumes grecs », rendait de fréquentes visites aux négociants de la ville (originaires de Braçov), et achetait des armes et de la poudre en grande quantité ce qui prouvait qu’il disposait de sommes importantes4. Ce capitaine connu aussi D. Bodin dans les Nouvelles informations sur les mouvements révolutionnaires roumains et « sclavons » de Craiova, Galatz et Braïla de 1840 — 1853 dans « Balcania » (VI) Bue. 1943, p. 169 — 200. On peut également trouver des informations documentaires dans un autre ouvrage du même auteur: Documente privitoare la tegâturile economice dintre Principatele romine $i regatul Sardiniei, Bucureçti 1941. Dans les principaux ouvrages de synthèse de A. D. Xenopol et de N. lorga, les mouvements révolutionnaires de Braïla sont redonnés d’une façon extrêmement confuse et sommaire. Pour le premier mouvement nous trouvons dans l’ouvrage de synthèse de A. D. Xenopol, Istoria Rominilor, XI, ed. III, Bue. (1930) uniquement ces quelques lignes: « En 1841, exactement, une grande agitation commence à régner parmi les Serbes et les Bulgares. Cette agitation qui selon les rumeurs devait se combiner avec un mouvement en Valachie avait pour but de renverser Ghica. Le Prince prend immédiatement des mesures très énergiques pour défendre son trône et fait arrêter plusieurs personnes soupçonnées de complicité dans le complot: Filipescu, Marin, Bàlcescu, Sotir, le professeur de philosophie Murgu, César Boliac, Vaillant, impliqué lui aussi dans l’affaire et qui n’échappe que grâce à la protection du consul français qui le fait passer en Moldavie. Et on renvoie le lecteur aux ouvrages de Régnault, Vaillant et Filitti. La confusion entre le complot roumain de 1840 et le complot bulgare de 1841 est ici évidente. Dans YHistoire des états balcaniques à l’époque moderne, Bucarest, 1914, p. 288 — 290 et ensuite dans YHistoire des états balcaniques jusqu’en 1924, Paris 1925, p. 307 — 310, lorga confond entre eux les deux premiers mouvements révolutionnaires de Braïla qu’il redonne en 2 —3 pages d’une façon tout à fait sommaire. En 1935 dans la « Revista Funda^iilor Regale », II, p. 1—21, lorga présente un article sur les « Memorii de mititar », ouvrage de Pappasoglu déjà cité et qui est une des principales sources d’informations sur les mouvements révolutionnaires. Ce sont ces « mémoires » de Pappasoglu qui sont la cause de la confusion faite par lorga et qu’on retrouve aussi dans son oeuvre de synthèse « Istoria Rominilor » IX, Bucarest, 1938, où il présente d’une façon erronée et en 2 pages seulement le premier mouvement révolutionnaire (p. 31 — 33), et cela malgré la mention faite dans une note de l’ouvrage de Filitti et des études de Romanski de 1914 et de 1921. De l’exposé proprement dit, autant que des notes, il ressort toutefois clairement que lorga n’a pas utilisé les ouvrages du savant bulgare. 2 Voir le rapport de Huber dans Romanski, ouvr. cité, p. 103. 3 D. Bodin, Documente, p. 71 — 74. 4 Rapports de Huber adressés à Timoni et à Sturmer, dans Romanski, ouvr. cité, p. 78-81, 96-98. 240