C. Velichi BULGARES, SERBES, GRECS ET ROUMAINS DANS LE MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE DE BRAILA DE 1841 Cette étude représente en partie la communication que j’ai faite en Novembre 1956 à « l’Association des Clavistes de la R.P.R. » et son but a été de montrer la nécessité d’une étude intégrale des 3 mouvements révolutionnaires de Braïla de 1841, 1842 et 1843. Ces mouvements représentent le premier essai des Bulgares, des Grecs et des Serbes, émigrés dans les Principautés roumaines, pour déchaîner une révolte générale dans l’Empire ottoman en faisant passer des bandes armées de l’autre côté du Danube. C’est la suite naturelle des révoltes qui ont troublé l’Empire ottoman à partir de 1839 et se sont terminées par la grande révolte de Ni§ en avril 1841, révolte avec laquelle le mouvement de juillet 1841 de Braïla a des attaches étroites. Le problème a une importance particulière non seulement parce qu’il met en évidence la lutte pour la liberté des Bulgares, des Serbes et des Grecs émigrés dans le Principautés roumaines, mais encore parce qu’il indique en même temps ses attaches puissantes avec les émigrés bulgares du sud de la Russie, une certaine participation roumaine et surtout l’aide puissante accordée par la Russie et qui intéresse dans une égale mesure autant l’histoire des slaves du sud du Danube, que leurs relations avec les peuples russes et roumains. L’historien bulgare N. Traikov a d’ailleurs montré lui aussi la nécessité d’une telle étude qui doit éclaircir toute une série de problèmes qui se rattachent à ces mouvements. En 1955 et 1956, au cours de mes recherches aux archives de Bucarest et de Braïla, j’ai réussi à trouver en dehors des dossiers se rapportant aux procès des révoltés — dossiers inconnus jusqu’à ce jour — de nombreux documents concernant ces mouvements. En me basant sur ces documents et sur les études antérieures existentes, j’ai composé une étude complète de ces mouvements et j’ai exposé les conclusions dans la communication que j’ai faite en Novembre 1956. Nous n’en extrayons ci-dessous que l’étude du mouvement de 1841. La présente étude démontre clairement que c’est Milos Obrenovici qui a ourdi ce mouvement — chose qui n’avait pas été affirmée d’une façon précise jusqu’à maintenant—elle élucide l’attitude des autorités roumaines de Braïla envers les révoltés, attitude qui avait été mal interprétée jusqu’ici et nous fixe grâce à des documents récemment découverts sur le sort des révoltés 237