Constantinople et les autres, et dans le cas où il aurait refusé et qu’il aurait voulu partir en Autriche, il devait se fixer le plus loin possible, par exemple dans le royaume Lombardo-vénitien. Vienne73 non plus ne convenait pas à la Turquie, et nous pouvons nous rendre compte par toute la correspondance diplomatique qui a trait à ce sujet à quel point la Porte le trouvait dangereux et quelle fut sa satisfaction, quand enfin il quitta la Valachie 74. Al. Ghica se rendit compte lui aussi du danger, surtout lorsqu’il vit également des Bulgares arriver en Valachie après le bâillonnement de la révolte de Nis. Et comme il s’attendait à un mouvement du même ordre, il avait fait renforcer la garnison postée sur les bords du Danube et plus spécialement celle de Zimnicea, point par où les Bulgares de cette petite ville et ceux des villes voisines d’Alexandria et de Mavrodin —- qui comptaient quelques milliers de Bulgares — auraient pu traverser le Danube pour venir en aide à leurs compatriotes 75. D’un autre côté, le consul sarde de Galatz Adolfo Castellinard, reçu en audience par Mihail Sturza, enregistre en 1841 l’opinion du Prince régnant de Moldavie et celle de son ministre des Affaires Etrangères Nicolas Su^u, qui affirmaient tous deux que le mouvement avait été provoqué par Miloç et surtout par la mère de celui-ci qui se trouvait en Valachie et qui désirait que son fils remontât sur le trône 76. Il est vrai d’ailleurs que l’action de Milos n’avait pas été découverte au moment de l’interrogatoire des comploteurs de 1841, mais plus tard en 1843—1844 et justement parce que les mouvements de Braïla ayant été étudiés séparément les uns des autres, on n’avait pas pu établir entre eux une corrélation que les documents montrent si clairement. En 1843, un des principaux participants au troisième mouvement révolutionnaire de Braïla (1843), le « Vistier » Andrei Desu, était condamné à plusieurs années de travaux forcés et envoyé à Telega. Au procès il s’etait entêté à ne rien divulguer niant même l’évidence. Ce n’est qu’après l’échec de la rebéllion de Telega, lorsqu’il se vit condamner pour la seconde fois, qu’Andrei Desu se décida à parler parce que le seul moyen pour lui de se sauver était d’essayer de gagner la bienveillance des juges par des aveux et il donna alors des informations importantes sur le mouvement de 1841. Ses déclarations sont claires77 : Immédiatement après la révolte de Nis il avait collaboré au plan fait par Milos pour la libération de la Bulgarie et tous les mouvements révolutionnaires des Bulgares de Valachie sont basés sur ce plan. 73 La Turquie espérait que l’Autriche fixerait un domicile à Miloç là où « il sera le plus facile d’exercer sur le Prince Milo? une surveillance active et efficace ». Romanski, AecmpuücKu doKyMenmu, p. 93, 185 — 193. On est intervenu au même moment par Daçkov pour que Miloç ne parte en aucun cas en Autriche par la voie du Danube, mais par Sibiu. Ibidem, p. 191. 74 Au même moment on intervenait par Daçkov pour qu’on ne laissa pas partir Miloç en Autriche en aucun cas par le Danube mais par Sibiu. Ibidem, p. 131. 70 Exposé de Al. Ghica sur le mouvement de Braïla remis à Timoni pour servir à l’information de Metternich dans Romanski, EpauACKli ücmopuÜKU, p. 92 — 94. 76 Voir le rapport de Adolfo Castellinard dans B o d i n, Nouvelles informations, lieu cit. 77 Hurmuzaki, Doc., XVII, p. 1026 — 27. On retrouve dans ce rapport une partie des déclarations de Deçu tandis que l’autre partie se trouve dans la sentence du procès de Telega. Arch. de l’Etat, Bue., Dos. cit. 2420, f. 198-209-216-218. 256