Des documents nouvellement découverts on fait maintenant la pleine lumière sur le sort des condamnés du mouvement révolutionnaire de Braïla de 1841, qui furent envoyés aux travaux forcés à Telega où ils arrivèrent le 7 Août88. C’est là aussi que Tatici fut envoyé avec 35 autres volontaires 89. Les huit volontaires qui étaient restés à l’hôpital de Braïla parce qu’ils avaient été blessés, guérirent et à l’exception d’un seul d’entre eux qui trop affaibli encore resta en prison, les dirigeants de la ville les envoyèrent à Bucarest au mois d’Août90. Le 8 Septembre le Département de l’intérieur communique à la Direction des prisons que sur l’ordre du Prince ces détenus devaient aux aussi être envoyés au même bagne. Les formalités de transport durèrent encore un mois et, au début du mois d’Octobre 1841, ils arrivèrent eux aussi au bagne de Telega 91. C’est là-bas que moururent en 1842, Tvetcu Trifu et Gligore Yasiliu qui avaient essayé de s’enfuir de l’hôpital ainsi que Velicu Pietrosü de Braïla et Dumitru Milanovici en 1843 après avoir eu le typhus92. Aussitôt après son transfert à Telega, le capitaine Tatici avait envoyé à la direction des prisons, la liste d’un certain nombre d’objets qui à la suite de son arrestation seraient restés à Braïla et dont le policier de la ville Pana Jândâricâ et le capitaine du port avaient connaissance. Il y était question d’une quarantaine de pièces d’habillement, d’armes, d’actes, etc. ... et d’une somme de 865 sfanti (pièce de monnaie qui valait 83 centimes). Il est inté-resant de noter que parmi ces objets il énumérait, « 3 documents — l’un émanant du général Kisselef, l’autre d’un général comte anglais qui avait été en Serbie et le troisième du Cneaz Milos », deux passeports, l’un serbe et l’autre russe93. Tous ces objets ne furent pas retrouvés à Braïla et avaient été remis par le policier de la ville et le capitaine du port à I. Manu92. Après la destituation d’Alexandre Ghica, le nouveau Prince régnant G. Bibescu gracie en Avril 1843, 9 condamnés et 39 autres furent soumis à un régime adouci et envoyés du bagne de Telega à la prison de Giurgiu95 où ils arrivaient au mois de Mai de la même année96. De cette prison, le capitaine Tatici adressa au Prince une demande dans laquelle il suppliait celui-ci de lui accorder « entièrement son pardon ». Sa demande fut soutenue aussi par le directeur des prisons, Blaremberg, qui déclara que Tatici avait eu, pendant toute la durée de son emprisonnement, une bonne conduite. Bibescu le gracia à la condition que la direction des prisons l’expulse en Serbie d’où Tatici n’aurait plus le droit de revenir jamais en Valachie97. Tatici donna en effet cette déclaration le 24 Août 1843. La direction des. prisons et le département 88 Voir R o m a n s k i, our. cité, doc. no. 57, Arch, de l’Etat, Bue., Adm. 989/1841, f. 127. 89 Voir la liste dans Romanski, ouvr. cité, f. 127 — 8. 90 Romanski, ouvr. cité, doc. no. 58 — 62, p. 129 — 31. 91 Arch, de l'Etat, Bue., Adm. 889/1841, folio 238, 244, 245, 254. 92 Voir leurs actes de décès dans le même dossier, f. 273 — 4, 275 — 6 et Min. de la Justice, 149/1842, f. 55, cf. Anul 1848 in Principatele romine 1, p. 630. 93 Arch, de l’Etat, Bue., Dos. Adm. 989/1841, f. 191. 94 Ibidem, Dos. no. 989/1841, f. 191. 95 Ibidem, f. 244, 283. 98 Ibidem, f, 283, 284. 97 Ibidem, f. 291. 17* 259