consuls étrangers une note dans laquelle il présentait l’incident de la façon dont il désirait le voir rapporté par ceux-ci à leurs gouvernements respectifs. D’après Al Ghica le mouvementl a Braïla ne devait pas être considéré comme un mouvement isolé, mais comme l’œuvre d’une organisation révolutionnaire étendue, avec des ramifications en Turquie et en dehors du pays aussi et disposant de l’appui « de certains agents consulaires de Braïla et de Galatz » expression qui désignait sans aucun doute Karneev. D’ailleurs aussi bien celui-ci que le vice-consul anglais Cunningham eurent à souffrir par la suite de leur attitude. Karneev enquêté par Kotzebue fut rappelé plus tard et on disait que Cunningham avait été rappelé à Constantinople pour donner des informations sur le mouvement de Braïla. En réalité lui aussi fut enquêté mais on ne connut pas le résultat de cette enquête. Pour donner satisfaction à la Russie, Al. Ghica dut lui aussi faire des changements dans l’administration du district de Braïla. Quoique les enquêtes n’aient pas réussi à établir la personnalité des véritables iniateurs du mouvement et leurs attaches avec les Bulgares des autres villes du pays, le Prince Al. Ghica soupçonnait l’existence d’un plan plus ample et d’une organisation plus vaste. Et le Prince ne se trompait pas. L’insurrections de Braïla de 1841 aussi bien que celles qui eurent lieu les années suivantes sont en effet inséparables des révoltes provoquées à cette époque dans l’Empire ottoman par les Bulgares et par les Grecs à la suite des réformes faites alors dans cet Empire. Les réformes du Sultan Mahmoud, qui rompaient avec la tradition séculaire et tendaient à faire des sujets chrétiens de l’Empire les égaux des musulmans amenèrent les plus véhémentes protestations des exploiteurs turcs qui voyaient leurs revenus menacés. Le renforcement de l’oppression turque dans les provinces européennes de l’Empire provoqua une série de révoltes des Bulgares et des Grecs. Nous savons que toutes les révoltes des Bulgares de 1835 à 1841 n’ont été possibles que grâce à l’appui de leurs compatriotes de Valachie et au refuge qu’ils trouvèrent chez eux, ou bien encore grâce aux encouragements et à l’appui de Milos de Serbie et après lui de son fils Michel. Milos n’est pas étranger non plus à la révolte de Ni s et il a maintenu des rapports avec les insurgés de Bulgarie même après que celle-ci eut éclaté. Mais si, tant qu’il était sur le trône de Serbie, Milos ne pouvait intervenir directement dans les mouvements révolutionnaires des Bulgares, maintenant qu’il était réfugié lui aussi en Valachie il n’avait plus rien à craindre d’autant plus qu’il s’était assuré aussi la protection de la Russie. Les encouragements de sa mère67 dans ce sens, ont donné à ses espérances de reconquérir un jour le trône perdu un aiguillon encore plus puissant. Le nouvel esprit qui régnait parmi les émigrés bulgares des principautés et l’atmosphère révolutionnaire, que des agitateurs tels que Vaillant, Colson ou le complot roumain de 1840 67 B o d i n, Nouvelles informations, p. 176 (Rap. du consul Adolfo Castellinard qui mentionne l’opinion de Michel Sturza et de Nicolas Sutu. 254