quie hongroise». Il y trouve une série de slovaquismes80. J. Jireëek a montré que le Psautier de Klement a été écrit en Moravie pendant la première moitié du XIVe siècle81. On trouve beaucoup d’éléments de l’ancienne langue de culture des Slaves moraves dans les vieux textes tchèques écrits en Slovaquie 82. Ce sont surtout des éléments venus du slovaque central, qu’on utilisait comme langue de culture dès l’époque de la Grande Moravie83. Des centres de culture slave se sont conservés probablement aussi à Nitra, à Vygegrad près d’Ostrihom, où auraient été écrits les Feuillets de Prague au XIe siècle, comme le croient certains slavistes84. Le monastère de Dimis du voisinage d’Ostrihom avait « depuis l’antiquité » des moines grecs, c’est-à-dire de rite byzantino-slave. Il y en avait aussi au commencement du XIIIe siècle, car un document de 1221 spécifie que « Abbatia de Vysegrade graecos habet monachos et habuit ab antiquo »85. Ce monastère entretenait des relations avec le nord de la Transylvanie, car le Registre d’Oradea mentionne à l’année 1138 un fonctionnaire de la cure de Dimis du nom de Wasil, forme byzantino-slave. C’est aussi « Vasil » que s’appelait un parent de Saint Etienne. Il y avait encore des moines slaves dans les monastères de Ceanad et de Vesprim. Le culte byzantino-slave s’est conservé en Tchécoslovaquie orientale, parmi la population gréco-catholique de la Transylvanie du nord, du Mara-mureç et du Banat. Il a été soutenu et renforcé sur la Tisa supérieure par les Slaves orientaux. Mais il a ici des traditions très anciennes. C’est pour cela que ses fidèles sont nommés « Staroverti »86. Le culte byzantino-slave est resté comme une religion des pauvres et des simples, tout comme autrefois en Grande Moravie87. La situation d’autrefois se conserve actuellement, parce que les Slaves établis sur la Tisa supérieure, dans le Bihor, et le Pereg en des temps plus rapprochés de nous, sont des Slovaques orientaux. Ils vivent mêlés aux Ruthènes, aux Roumains et aux Hongrois. Plus au sud il y a des Slovaques centraux88. ★ 80 J. .1 i r e c e k, O ceskem prvotnlm pfekladu sv. evengelii a o obmënàch jeho az do XV. stoleti, Prague 1859, p. 11. 81 J. J i r e c e k, O zvlaUtnostcch cestiny ve starÿch rukopisech moravskych, Prague, 1887, p. 16 — 18 et 77. Ad. P a t e r u, Zaltar Ktementinskij, Prague, 1890, p. VI. 82 V. C h â 1 o u p e c k ÿ, Stredovké listy ze Slovenska, Bratislava-Praha 1937, p. XI et suiv. I. Kniezsa Stredoveké ceske listiny, Budapest, 1952, p. 137 — 145. J. S t a il i s 1 a v, Dejiny, I, 1956, p. 41 et suiv. 83 J. S t a n i s 1 a v, Historické korene stredoslovenciny, dans « Slovenska rec », XXI 1956, 3-4, p. 168-174. 84 Dans les fragments glagolitiques de Prague on retrouve les particularités du dialecte slovaque central qu’on parlait entre les Petites Karpates et Nitra, p. ex. paléoslave ort > rat et rot : Bastic-Rostic (Cf. J. S t a n i s 1 a v, Dejiny, 1, p. 36). 85 J â n S t a n i s 1 a v, Slovensky juh v stredoveku, I, 1948, p. 83. 86 O n d r e j H a 1 a g a souligne que « les Slovaques sont ici depuis des temps immé moriaux » (cf. ouvr. cité, p. 12). 87 M i 1 o ç Weingart, montre que les niasses larges de la population morave ont embrassé le rite byzantino-slave qui était plus démocratique, tandis que les féodaux, la classe dirigeante, préféraient la culture latine (ouvr. cité, p. 117). 88 P. O 1 t e a n u, Numiri slave in Transilvania de Nord « Limba si lit.», III, 1957. p. 185 et suiv. 184