trouve devant Raguse. Il y a parmi elles un chant qui se référé au Danube et au tazar Sisman. une jeune fille qui se trouve sur la rive escarpée du Danube essaye en vain de retenir Siëman en lui annonçant le sort de deux autres princes — Andreiag et Lazare — tombés au pouvoir de Bajazet °®. Mais la vierge danubienne — Y amazone — ne doit pas être confondue avec les jeunes filles et les femmes qui blanchissent de la toile dans le fleuve et qui sont des personnages propres aux vers sud-slaves". Ils représentent l’opinion publique, le chœur du drame grec, qui transmet et commente les événements, fonction qui est évidemment dévolue aussi la personnalité de la vierge qui apparaît dans le dernier chant cité plus haut. L’amazone, une personnalité poétique danubienne, a une autre origine. Elle remonte probablement aux temps auxquels se référé le vers du chant bulgare, dans le thème duquel la vierge, franchissant le fleuve et parvenant à la rive septentrionale, arrivait au Pays des Francs, dans la « frenska zemja ». Son souvenir est plus authentique et plus clairement conservé dans le folklore roumain. Elle apparaît également lorsqu’elle met à l’épreuve es vertus chevaleresques de ses prétendants —tout comme la jeune fille du camp du prince Étienne — dans le chant de la Fata de frîng 100 (La fille du Franc), dans les vers duquel persiste d’une manière suggestive le souvenir de certains galions 101 qui évoquant l’époque du commerce génois sur le Danube et également, selon la tradition, leurs vieilles forteresses des bords du fleuve. Elle apparaît plus clairement encore, toujours comme une amazone, dans un noël laïque qui appartient, quant à sa genèse, au XVe siècle102. Cette forme poétique permet d’identifier du point de vue historique et littéraire sa personnalité, qui appartient aux mythes médiévaux et plus particulièrement aux mythes génois. Nous nous référons au texte publié par G. Dem. Teodorescu103, dont nous citerons, pour identifier le personnage, le premier vers qui la présente en action et dans son hypostase caractéristique : Face fata do cetate Le noël en question raconte ensuite l’attaque de la forteresse et la soumission de la jeune fille lorsque le chevalier s’empare de la place ; le moment historique de l’accomplissement de ce fait étant évoqué par la persistance du souvenir d’un combat danubien au cours duquel les Roumains auraient affronté en même temps les Turcs et les Francs 104. 98 Cf. Ouvre, cité, Vuk 698 — 712. "Vuk Karadzié, ouvr. cité, II, Nr. 57;les frères Miladi nov, zapcKU napodniu nfccnu, Agram, 1861, Nr. 163. 100 N. P à s c u 1 e s c u, ouvr. cité, p. 160 — 163. 101 Cf. ouvr. cité, les vers 38, 69. 102 Cf. notre travail inédit Cintecut Bâtrtnesc, chap. IX. 103 Cf. Poezii populare romine, Bucarest, 1885, p. 53, col. b. 104 Cf. Ouvr. cité, les vers 4 — 5. 232