respectifs demandèrent avec des « expressions inconvenantes » des indemnisations pour les dommages subis au cours de la lutte. La nouvelle du mouvement révolutioninares de Braïla n’arriva à Bucarest que bien plus tard. Le Prince régnant Al. Ghica, qui passait l’été à Breaza, fut mis au courant et il se hâta d’envoyer à Braïla son aide de camp, le Colonel Odobescu. Les instructions remises à celui-ci spécifiaient clairement que les volontaires devaient être désarmés et qu’en cas de résistance de leur par il fallait faire usage des armes comme c’était légal. Le colonel Odobescu partit immédiatement pour Bucarest à la tête d’un escadron de cavalerie52. Alexandre Ghica, qui craignait que la révolte n’ait des ramifications dans d’autres villes aussi, ordonna au Ministère de l’intérieur de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir un mouvement sembable. Le Ministère de la guerre devait prendre lui aussi des mesures pour renforcer les forces de police. Mais comme, malgré les efforts des estafettes 53 les nouvelles ne parve naient à Ghica qu’avec un certain retard, le Prince se mit en route vers Braïla. En cours de route, Al. Ghica s’arrêta à Ploieçti et à Buzâu, villes qui comptaient des colonies bulgares plus importantes. Il convoqua les chefs des familles les plus en vue et leur montra combien les incidents de Braïla étaient regrettables. Toutefois, le prince souligna qu’il n’était pas dans ses intentions de confondre la population bulgare laborieuse et tranquille avec celle qui, au lieu de montrer de la reconnaissance et de remercier les autorités du pays pour l’hospitalité qu’elles leur avaient accordée, se livraient à des actions semblables. Le Prince leur déclara ensuite qu’il les tiendrait pour responsables de n’importe quel mouvement révolutionnaire qui pourrait éventuellement se produire dans les villes en question et qui auraient des attaches avec ceux de Braïla. A Buzâu, Al Ghica fut hébergé par l’évêque Kesarie, sur les conseils duquel il renonça à se rendre à Brâila. D’ailleurs, le courrier venant de Braïla et qui lui apportait la nouvelle de la fin de l’émeute, le rattrapa peu après. Tranquillisé, le Prince fit dire au colonel Odobescu de transmettre ses remerciements au 2ème régiment de Braïla, à son commandant le colonel Engel, au capitaine N. Manu, qui était en réalité celui qui avait mis fin à la petite insurrection, aux officiers et aux soldats. Tous ceux qui avaient pris part au combat, reçurent leur avancement sur proposition du général en chef ; ou leur paya trois ou six mois de salaire, comme il ressort de l’ordre du jour du 20 Juillet 1841 54. Et le Prince ordonna en même temps de donner aux Bulgares blessés tous les soins nécessaires. Dans une proclamation, Al. Ghica informa les Bulgares et les Serbes du pays que les insurgés avaient déclaré avoir des attaches avec eux et les mit en garde contre « de pareils dupeurs ». Le Prince s’adressa aussi aux braïlois, en les sermonnant pour l’attitude de certains d’entre eux au cours des incidents. Le colonel Odobescu aussi bien que les soldats du 2ème régiment de Braïla, rappelés en hâte de Zimnicea, arrivèrent trop tard, c’est-à-dire après le rétablissement l’ordre. Lorsque le lendemain matin lundi 14 Juillet, le comman- 62 I o r g a, Studii •>'/ documente, XI, p. 249. 63 Arch. de l’Etat, Bue., dos. adm. 989/1841, f. 197 et suivants. 64 Bulletin « Gazeta oficialâ » no. 44 din 25.VII.1841, p. 174 — 175. 250