I. FâlruJ INFLUENCES SLAVES ET MAGYARES SUR LES PARLERS ROUMAINS Les parlers daco-roumains se groupent en cinq sous-dialectes caractérisés par certains traits distinctifs de nature surtout phonétique et lexicale Pour délimiter les sous-dialectes daco-roumains nos linguistes ont accepté comme critérium d’orientation la prononciation du phonème correspondant à l’affriquée g1. de la langue littéraire. Selon cette prononciation et aussi selon d’autres éléments caractéristiques le territoire linguistique daco-roumain se divise en sous-dialectes valaque, moldave, celui du Banat, de la région du Criç et du Miramureç (v. la carte 1)2. Cette sorte de division des parlers daco-roumains n’est pas très ancienne. L’académicien E. Petrovici soutient qu’elle n’est pas antérieure au XV-e siècle, et que les traits distinctifs tant phonétiques que lexicaux des cinq sous-dialectes sont relativement récents3. Dans les lignes qui suivent nous tâcherons de démontrer que la différenciation des parlers roumains, et leur groupement en ces cinq sous-dialectes, sont dûs non seulement à des causes internes, mais aussi externes, c’est-à-dire à l’influence exercée par d’autres langues. L'académicien E. Petrovici a démontré dans plusieurs études récentes l’existence d’une forte influence slave sur le phonétisme de la langue roumaine. Grâce à cette influence qui s’est exercée à une époque plus ancienne, remontant 1 Dans le présent article, basé surtout sur les matériaux de l’Atlas linguistique roumain (ALR), nous utilisons la transcription phonétique employée dans cet ouvrage bien connu. Aux volumes parus de l’Atlas est annexée la transcription phonétique dans laquelle figurent tous les signes employés, ainsi que leur équivalent d’après le système de transcription de l’Association phonétique internationale. 2 Parmi les études touchant ce problème, les plus récentes sont celles de l’académicien E. Petrovici, dans « Limba romînâ » III, no. 5, p. 5 — 12, et de R. Todoran, ibid. V, no. 2, p. 38-50. 3 E. Petrovici, loc., cit., p. 16 — 17. 31