croisement avec d’autres langues, comme une conséquence naturelle du mélange ethnique différant d’une région à l’autre 6 fusion roumaino-bulgare dans le Sud du pays, rou mai no-serbe dans le Banat, roumaino-ukrainienne en Moldavie, Bucovine et Maramureç, roumaino-magyare en Transylvanie. Les sources historiques ne nous fournissent que des données fort incomplètes sur le moment où ces populations slaves se sont établies sur les territoires mentionnés ainsi que sur les endroits où elles se sont fixées et sur le nombre même approximatif des habitants de langue slave. ★ Mais un fait est certain : c’est qu’il existait au sud des Kar pat lies une assez nombreuse population bulgare. Il ne s’agit pas des anciens slaves parlant des dialectes bulgares, avec lesquels les Roumains ont eu des rapports étroits à partir du VH-e siècle, et qui ont exercé une influence considérable sur tous les dialectes roumains. Il s’agit de la population bulgare établie en Valachie à une époque relativement plus récente, après l’occupation de la Bulgarie par les Turcs. Au cours des siècles ces Bulgares se sont roumanisés presque dans leur totalité. Lors du recensement de 1956, 3686 habitants de la Valachie et de l’Olténie (Petite Valachie) se sont déclarés bulgares d’après le critérium de la langue maternelle 7. Pourtant à la fin du siècle dernier, leur nombre a dû être assez appréciable. G. Weigand s’est étonné du nombre de localités à population bulgare rencontrées en Valachie et (dans une mesure) en Olténie dans les années 1898 et 1899 au cours des voyages entrepris par lui pour les enquêtes nécessaires à son atlas linguistique (Linguistischer Allas des dako-rumânischen Sprachgebietes) 8. Selon l’opinion de G. Weigand, ces Bulgares se seraient établis en Valachie d’abord au XVII-e siècle en assez petit nombre et ensuite surtout au commencement du XlX-e siècle. Nous mettons en doute ces deux affirmations : aussi bien celle que la majorité de ces Bulgares serait venue au XlX-e siècle, que celle qu’ils auraient commencé à s’établir au nord du Danube seulement à partir du XVIII-e siècle. L’influence bulgare sur les dialectes roumains de Valachie a pu être favorisée aussi dans une certaine mesure par les rapports permanents existant entre les Roumains du Nord du Danube et ceux établis sur la rive droite de ce fleuve (dont le nombre dépassait selon G. Weigand à la fin du siècle dernier (* raocani ») venus du Sud de la Transylvanie (« Studii lingvistice *, Bucarest, 1956, p. 65; idem, dans « Studii çi cercetäri lingvistice » V, p. 439). Nous croyons que cette prononciation a été apportée aussi en Valachie et en Moldavie (surtout dans sa partie méridionale) par les pâtres de la Transylvanie du Sud, qui depuis des temps fort anciens conduisaient leurs troupeaux jusqu’au bord du Danube ou jusqu’au rivage de la Mer Noire, comme aussi dans le Sud de la Moldavie et de la Bessarabie, et plus loin encore, vers l’Est, le long de la Mer Noire, pour les y faire hiverner. Bon nombre d’entre eux sé sont établis dans ces régions de l'Est du pays. * Acad. I. I o r d a n, Limba romlnä contemporanâ, Bucarest, 1956, p. 168 — 169, cf. p. 61 — 64. ’ Au recensement de 1930 on en comptait 3801. * Voir «Jahresbericht des Instituts für rumänische Sprache zu Leipzig» VIII, p. 248 — 251; Cf. I. I o r d a n, op. cit., p. 65. 3—158 33