Mil os était entré en relations avec l’ambitieux Constantin S utu. Dans ses plans, Milos désirait une révolte générale contre les Turcs grâce à laquelle il aurait pu remonter sur le trône. Quant aux Bulgares, qui n’avaient pas d’aristocratie, il leur aurait proposé immédiatement après leur libération de donner la couronne à un des boyards du pays roumain qui devait être Constantin Sutu. Deçu avait été recommandé à Miloç par Constantin Sutu qui le lui avait amené à son domaine de Hereçti. Après que Milos eut parlé à Constantin Sutu, celui-ci lui avait présenté De su en le priant de lui donner toutes dispositions pendant le voyage qu’il allait faire en Grèce. Au départ, Desu demanda à Sutu de lui dire en quoi consistaient les dispositions que Miloç pourrait être amené à lui donner et sa réponse ne laisse pas d’equivoque — 1 il s’agira itprobablement de traverser le Danube pour s’occuper d’affaires ayant trait à certaines espérances78 que nourrissait Milos. Entre autres il était question pour Deçu de mettre à sa disposition plusieurs chaloupes pour traverser le Danube, ce qui explique clairement pourquoi les membres du complot avaient voulu partir à Turnu-Mâgurele où Déçu aurait été celui qui leur aurait fait traverser le Danube79. Aussitôt après cette entrevue, qui avait eu lieu à la fin du mois d’Avril ou au mois de Mai 1841 80, Desu était rentré à Bucarest où il s’était trouvé dans la même chambre qu’un négociant qui l’avait prié de lui trouver une personne de confiance qui pourrait partir immédiatement pour Nis où elle devait entrer en relations avec les insurgés et les déterminer à résister encore 40 à 50 jours dans l’espoir d’une aide ou même d’une intervention armée de la Russie. (Milos pensait probablement à la révolte qui devait éclater à Brâila et qui, amplifiée aurait déterminé la Russie à intervenir) Deçu trouva rapidement un émissaire, un nommé Petre81, qui pour 25 ducats accepta de partir immédiatement. Il parait d’ailleurs, que certains émissaires qui n’étaient pas étrangers non plus à Milos, faisaient la navette entre les Bulgares de Galatz, de Focsani de Buzâu, de Ploieçti, etc 82 et ceux de Moldavie. Or, si Miloç avait été contraint, à la suite des pressions turques, de quitter la Valachie, ses hommes y étaient restés. Le chef de la bande de Braïla est un ancien capitaine serbe Miloia Stanislovovici surnommé Milisav Tatici. Originaire de Sabat, il avait appartenu à l’armée du Prince Milos et l’avait accompagné à Bucarest lors de son abdication, ce qui montre que c’était un de ses hommes de confiance. Les documents existants nous apprennent, que Miloç l’aurait chassé par la suite et que Tatici aurait été compromis par le non paiement de certaines dettes et mis en prison, mais relâché sur l’intervention d’un négociant nommé Gopievici. Celui-ci paye ses dettes l’entretient et l’emmène avec lui à Braïla. Pendant l’été de 1841, le capitaine venait souvent à Galatz vêtu de l’uniforme serbe et recrutait des hommes, environ 78 Hurmuzaki, ouvr. cité, f. 1030 — 1031. 79 Voir les déclarations de Deçu dans la sentence du procès de Telega. 80 L’instruction de Niç a commencé le 6 Avril et le 4 Juin Miloç était en Transylvanie. 81 II est fort probable qu’il s’agisse de Pierre « gavazul » de Hereçti, l’homme de confiance du Prince Miloç. Voir Arch. de l’Etat, Bue., Dos. 894/1842, p. 113. 82 Un certain Ivan Spasovici était venu en secret de Braïla à Ploieçti et la police lecherchait le 24 Juillet 1841. Arch. de l’Etat, dos. 989/1841, folio 59, 64, 83. Nous retrou verons son nom aussi dans le troisième mouvement. 17 - 158 257