dans laquelle se trouvent intercalées des passages touchant l’histoire moldave 1S. A notre avis, au commencement les scribes ayant à copier un nombre de chroniques slaves à l’usage des lecteurs de Moldavie et de Valachie connaissant cette langue, ont inséré aux dates respectives des faits de l’histoire de leur pays. Mais lorsque le développement de la société a imposé au moldaves le devoir d’écrire leur histoire, les chroniqueurs ont extrait les nouvelles intéressant l’histoire roumaine qui se trouvaient intercalées dans les annales slaves universelles leur ayant servi de modèles, ajoutant à leur suite des informations locales contemporaines. Ceci explique la raison pour laquelle l’information historique touchant les débuts de l’histoire moldave du XIVème siècle et des années suivantes, a un caractère si fragmentaire. Mais aussi au XVIème siècle les chroniqueurs moldaves de langue slave ont gardé le contact avec l’historiographie des pays slaves: ainsi Macarios, Euthyme et Azarie, chroniqueurs moldaves du XVIème siècle, ont pris comme modèle stylistique la chronique en langue moyen bulgare de Manasses 16. On peut done conclure que du point de vue littéraire l’historiographie roumaine dérive des chroniques médiévales des pays slaves voisins, et fait partie à ses débuts de l’historiographie slave. LA CHRONIQUE DES VOÉVODES MOLDAVES AU XVème SIÈCLE. Pour arriver à déterminer l’endroit et l’époque où fut écrite la plus ancienne chronique de Moldavie, ainsi que le milieu social et politique dans lequel elle fut rédigée, il faut tout d’abord établir avec précision les relations existant entre les cinq chroniques contenant l’histoire de la Moldavie au XVfcme siècle. La plupart des historiens les considèrent comme des écrits indépendants, mais d’autres au contraire soupçonnent l’existence d’une chronique dont dériveraient toutes les variantes 17. La méthode susceptible de donner des résultats dans la recherche de la filiation entre les chroniques moldaves en langue slave du XVème siècle, ne consiste pas, bien entendu, dans la comparaison du fonds commun, mais dans celle de leurs différentes formes d’expression. Si l’on compare le texte de la chronique dite de Bistrita avec celui des deux versions de celle de Poutna, on constate que les mêmes faits sont racontés dans des termes et des expressions identiques dans les deux chroniques. Devant cette identité répétée de la forme, 15 I. B o g d a 11, Cronice inedite p. »1 — 102. 16 I. B o g d a n, dans les introductions des éditions citées. 17 Pour la thèse de l’existence de deux chroniques indépendantes, cf. I. V I à de s c u, Isvoarele istoriei romineçti Bucarest 1925, p. 99, I. B o g d a n, Cronice inedite p. 15 — 17, A. Iatsimirskii Die ältesten slcwischen Chroniken moldauischen Ursprungs, dans 1’* Archiv für slavische Philologie » XXX, 1909, p. 481-532, N. I o r g a, Istoria literaturii romtnesjti II ed. Bucarest 1925 I, p. 126-131. Pour celle de l’existence d’un original commun, cf. St. Oräjanu, Ceva despre cronicele Motdovei, dans les « Convorbiri literare » XXX, 1897, p. 658,’ I. M i n e a, Letopisetele moldovmeijti scrise slavoneijte, dans « Cercetäri Istorice » I, p. 27, O. G ö r k a, Kronika czasôm Stepana Wielkiego, Cracovie 1931, p. 75, O. P a s c u Die Anfänge der rumänischen Geschichtsschreibung dans les «Süd Ost Forschungen» m <1939,> p. 699, N. Cartojan, Istoria literaturii romine vechi, I. p. 33 — 39. 151