la christianisation en masse du territoire daco-roumain se serait produite sous le règne du tzar Boris. Mais cette thèse est inconciliable avec le riche vocabulaire latin du christianisme roumain et elle pèche par la confusion qu’elle fait entre christianisation et changement de rite. Nous espérons que les quelques notes que l’on vient de lire permettront à d’autres chercheurs de nous faire profiter de leur expérience en la matière 38. Leurs critiques et leurs observations seront, nous n’en doutons pas, l’un des meilleurs éléments de « l’Histoire des origines chrétiennes du peuple roumain » que nous comptons écrire un jour. 35 On voudra bien retenir encore que le regretté professeur G. C i o b a n, Colindele si muzica religioasâ, dans Biserica ortodoxâ românâ, LXV, 1947, p. 30 — 49 a mis en évidence la parenté musicale des noëls (colihde) populaires roumains et du plain-chant grégorien. L’auteur, qui ne voit que les seuls rapports religieux unissant les Roumains à Byzance, ne s’explique guère le phénomène autrement qu’en admettant une sorte d’origine populaire commune à la base de la musique de l’Eglise latine et des mélodies des noëls roumains. Sans prétendre prendre position dans une question aussi délicate et qui dépasse notre compétence, nous nous demandons s’il ne saurait s’agir en cette occurrence d’une éventuelle réminiscence d’un état de choses antérieur à l’adoption du rite slave par les Roumains. La solu- tion du problème devra également faire entrer en ligne de compte une précision que nous devons à l’amitié de M. Anton Balotâ, à savoir que les mélodies des noëls bulgares sont les mêmes que celles des nôtres. Des recherches sur les plus anciens noëls des peuples de religion catholique permettraient peut-être d’élucider les causes de la parenté signalée par G. Cioban.