dès lors — indice économique significatif — non seulement le prince, mais aussi de nombreux boyards 21. On a contesté la valeur de la littérature slavo-roumaine, qui ainsi, est restée inutilisée, pour l’histoire delà civilisation roumaine. En ne considérant son capital que sous l’aspect des copies de livres de rituel, ou sous celui de la reproduction des écrits théologiques de l’école bulgare d’Euthyme, on a ignoré non seulement sa valeur artistique formelle, mais aussi ses véritables fins, ses réelles valeurs culturelles. Sans revenir sur la valeur artistique des manuscrits, dont l’élégance et la finesse serviront de modèle, tant pour les manuscrits russes de la première moitié du XVe siècle, que pour les premières impressions russes — faits que nous avons déjà cités d’après A. J. Jacimirski et A. Soboleski — nous voudrions attirer l’attention sur d’autres aspects de cette activité, qui nous permettront de reconnaître sa valeur véritablement nationale. En dépit des apparences, la culture slavo-roumaine ne s’est pas contentée de reproduire des livres de rituel ou des textes théologiques d’intérêt monacal et ne s’est pas bornée à une activité calligraphique ou à l’exécution de copies artistiques enrichies d’ornementations et de miniatures. Sans insister au sujet du Polyêlée, sorte de Gloria de l’Eglise orthodoxe, œuvre du moine Filotei (Philotée) qui avant de revêtir l’habit monacal avait été, sous le nom de Filos, le logothète (1394)12 du voïvode de “Valachie Mircea VAncien, ni sur les écrits médio-bulgares —rédigés en Moldavie par Grégoire Camblak —, à savoir La vie de saint Jean-le-Nouveau et ses sermons, nous devons surtout rappeler pour l’activité créatrice de la civilisation slavo-roumaine de Moldavie, la consultation théologique donnée en 1487 par l’évêque Vasile (Basile) de Roman au métropolite Géronte de Moscou, lors du conflit de ce dernier avec le tzar Ivan III Vasilievitch -s. D’autres faits appartenant au domaine des rapports de la civilisation slavo-roumaine avec les réalités locales nous permettent de mettre en évidence les tenants et les aboutissants de la littérature slavo-roumaine avant qu’elle ne produise des réalisations d’ordre supérieur et national, à savoir les annales historiques qui constituent la première manifestation culturelle authentique et indiscutable appartenant en propre à la Moldavie féodale. Au temps d'Etienne le Grand, l’activité canonique des deux ateliers de copistes de l’école littéraire slavo-roumaine avait été dépassée tout d’abord par la reproduction —• ce qui signifiait en réalité sur le plan politique la mise à la portée du pouvoir — du Syntagma de Mathieu Vlastaris, ouvrage juridique destiné à préciser la morale religieuse et à réglementer la vie laïque. Cet écrit fut reproduit à deux reprises par ordre du voïvode (en 1474 et en 1495), fait qui souligne de nouveau que c’est la raison d’État qui a parfois patronné l’activité des deux ateliers de copistes. L’importance de cette entreprise et son écho sont clairement exprimés par un fait qui appartient au XVIe siècle, mais dont les racines se trouvent indubi-talement dans la renommée du texte moldave, comme dans la réputation des ai Qf. Ibidem, p. 161-164, 175-181. 22 T i t. S i ni e d r e a, Pripealele monahului Filotei de la Cozia dans «Revista Mitro-poliei OIteniei » VI., (1954) Craiova. p. 20-35, 177 — 190 çi VII, (1957), p. 521 — 541. 23 Cf. P. P. Panaitesc u, ouvr. cité p. 5. 214