avaient créée firent que Milo§ trouva, dans le pays roumain, un terrain apte à Implication de ses plans. En fait, c’est Milos qui a préparé dans l’ombre tout le mouvement révolutionnaire de Braïla de 1841, mais jusqu’à présent aucun des ouvrages mentionnés ci-dessus n’a mis le rôle qu’il a joué dans sa véritable lumière. L’académicien Romanski n’a pas eu connaisance de quelques-uns des documents fonda, mentaux qui lui auraient permis d’établir une liaison entre la révolte de Nis-le plan de Miloç dans les Principautés et les insurrections de Braïla et son ouvrage mentionne toutes sortes de causes sans insister sur ces dernières68. Mais voici ce qui ressort des informations documentaires et des témoignages contemporains. En 1839 Milo§, qui avait quitté le trône de Serbie, vient en Valachie escorté de nombreux compagnons et s’installe dans son domaine de Heresti. Il avait aussi d’autres domaines69 et il avait toujours de l’argent. Il nous suffira de souligner le fait qu’il avait pu prêter au Prince régnant 1.300.000 lei. Non seulement le désir de se battre contre les Turcs ne l’avait pas quitté, mais c’est à peine maintenant quand il n’avait plus rien à perdre mais au contraire tout à gagner — qu’il pouvait organiser une lutte commune avec les Grecs, et surtout avec les Bulgares contre les Turcs. Tout ceci était d’ailleurs bien connu de tout le monde, quoique Milos ait été sur ses gardes et qu’il ait travaillé avec prudence. Les Bulgares le savaient, quant au contemporain Vaillant, révolutionnaire lui-même, il l’avoue clairement : « les Bulgares demandent à Milos des les emmener se battre contre les Turcs et 12.000 d’entre eux environ, ont le désir de traverser le Danube»70. Miloç en avait l’intention et il l’avait avoué à Billecocq, qui affirme en Juin 1841 . . . « sans aucun doute Milo§ aurait aspiré à devenir un Mehmet-Ali chrétien71». Les Turcs qui essayaient par tous les moyens de déterminer Milos à quitter la Valachie, où il pouvait organiser des mouvements et des révoltes, en particulier par les Grecs et les Bulgares réfugiés chez nous, le savaient aussi. La Porte soupçonnait déjà Milos qui travaillait dans l’ombre avant que les mouvements révolutionnaires des Braïla de 1841 n’éclatassant et elle intervient directement et énergiquement pour le déterminer à quitter la Valachie72. Milos qui était au courant de ses intentions et qui voulait tromper les Turcs en partant pendant l’été de 1841 à Mehadia sous prétexte de soigner sa santé, fut invité par les Turcs à quitter le pays. Il pouvait choisir entre les villes turques de Brousse, 68 Tiaitov qui c’est occupé de compléter l’ouvrage de Romanski relatif aux mouvements de 1843 ne tire aucun conclusion et celà malgré la publication qu’il fit de deux documents traduits en bulgare de la collection d’Hurmuzaki, parce qu’il se limite seulement au complot de Septembre 1843 et surtout à la rébellion de Telega. 69 Voir Ionel Dirdalâ, Moçiile Dinastiilor sîrbesti tn Romtnia, dans la « Revista Istoricâ Romtnâ », XVI, Bue., 1946, fasc III, p. 375. 70 J. A. Vaillant, La Roumanie II, f. 405. Ils ont gardé plus tard aussi les mêmes espoirs, ils devinrent ceux du fils de Miloç prince Michel, des qu’il eut perdu son trône-temporairement et s’était établi dans le pays roumain. En 1847 un comité bulgare travail lait à Bucarest avec Michel, à un plan de propagande commune en Turquie. 71 Bapport de Billecocq dans Hurmuzaki, Doc., XVII, f. 812 à 813. 72 La Porte avait demandé à Al. Ghica d’amener Milo? de Hereçti à Bucarest et de le surveiller de près. Le Prince avait toutefois reçu une communication de la part de Consulat russe dans laquelle on lui faisait savoir que Milo? était sous la protection impériale. F i 1 i 11 i, Domniile regutamentare, p. 123. 255