même avec les autres volontaires et de les traiter « en fonction de leur éducation, afin qu’ils soient satisfaits des soins pleins de clémence reçus au nom de la Haute autorité du Prince»41. A Galatz on repêcha le lendemain 27 cadavres de volontaires qui s’étaient noyés42. Les Bulgares de Galatz ouvrirent une liste de souscriptions pour les enterrer avec pompe. La foule suivit en grand nombre le cortège funèbre et, ce qui est plus surprenant, note le consul de France Billecocq, c’est que les agents consulaires de l’Angleterre et de la Russie, accompagnés de tous leurs fonctionnaires ont suivi eux aussi ce cortège43. L’agent consulaire anglais Cunningham et son collègue Gardner se présentèrent même chez le Prince Mihail Sturza pour le prier d’admettre que les insurgés qui s’étaient réfugiés sur les bateaux étrangers soient autorisés à debarquer à la quarantaine de Galatz. Mihail Sturza ne fit pas droit à cette demande44. Les plus veinards furent ceux qui trouvèrent asile sur les bateaux étrangers du port. Au moment où les soldats avaient commencé à tirer et que certains des volontaires sautèrent dans le Danube, quelques bateaux étrangers avaient mis à l’eau des barques qui permirent à 40—70 hommes de se sauver. La direction de la quarantaine rapporte le 14 Juillet que « une vingtaine d’insurgés environ se seraient trouvés sur 2 vases grecs »45. En conséquence, les autorités s’adressèrent le même jour au vice-consulat grec de la ville, en lui demandant de leur livrer les 30 hommes et surtout Vasile Yîlkov46. Une note similaire fut remise au consulat anglais dans laquelle il était dit que 40 environ des comploteurs devaient avoir trouvé refuge sur des bateaux battant pavillon anglais et que parmi eux se trouverait aussi Vasile Vîlkov47. Il est à peu près certain que Vîlkov s’est réfugié sur un bateau anglais, où on le considérait non pas comme le chef de la bande, mais comme son caissier. En effet, comme on l’a appris plus tard, Vîlkov avait reçu 40.000 lei des négociants de Braïla pour engager des volontaires is. Le Ministère des Affaires étrangères (Postelnicia) adressa lui aussi une note spéciale au consulat anglais de Bucarest pour demander l’extradition de celui-ci sans pouvoir toutefois l’obtenir 49, ce qui permit au capitaine Vîlkov d’arriver à Galatz50. Vingt volontaires trouvèrent asile sur un vapeur russe, qui les débarqua à Reni, et après être passés par la quarantaine du port ils restèrent en Bessarabie51. Lorsque l’enquête commença et que les autorités demandèrent à deux reprises l’extradition des volontaires, les capitaines des vaisseaux refusèrent de les livrer. Ni les vice-consuls de Braïla ne firent rien. Bien plus, les capitaines des vaisseaux, appuyés par les vice-consuls 41 Ibidem, f. 61, 78. 42 Pappasoglu, oiivr. cité, p. 155. 43 Hurmuzaki, Doc. vol. XVII, p. 819 à 820. 44 Ibidem, p. 821. 46 Arch. de l’Etat, Braïla, dossier cité, f. 59. 46 Ibidem, f. 54. 47 Ibidem, f. 62. 48 Voir la sentence donnée pour le mouvement de 1843 Arch. de l’Etat Bue. Ministère de la Justice, 1843, Dos. 2420, f. 63 à 86. 49 Filitti, ouvr. cité, p. 231, 287, 288. 60 Arch. de l’Etat, Bucarest, Dos. no. 989/1841, f. 19, dans Romanski, ouvr. cité, p. 125. 61 Voir aussi A. Stankov, }Ku3Heonucame MumponoAuma Oxpudo-ilAoeduecKaeo HamanaUAa, dans C6. H.Y. Sophie, 1909, XXX,p. 13. 249