des armes, aux volontaires, seraient condamnés24. Parmi les Lipovans non plus on n’avait par recruté d’hommes ainsi que le craignait Rusescu. Mais les inscriptions de volontaires continuaient sans que les autorités intervienent pour les arrêter. Les volontaires visitaient les commerçants de la ville chez lesquels ils étaient bien accueillis parce qu’ils ne leur prenaient pas l’argent de force et parce qu’ils payaient tout ce qu’ils achetaient. Le quartier général des volontaires établi à l’auberge de Boiangiu était d’ailleurs fréquenté par nombre de leurs compatriotes qui leur apportaient des armes et de l’argent ; on a appris plus tard que les balles des volontaires avaient été fabriquées dans la cave de Panaïot Ivanov, Bulgare de Braila. Malgré le calme qui avait régné dans la nuit du 12 au 13 Juillet Tatici ayant organisé des patrouilles pour le maintien de l’ordre, patrouilles qu’il contrôlait lui-même, la panique était grande dans la ville car personne ne pouvait savoir de quelle façon les événements allaient se dérouler. Les turcs les plus fortunés ainsi que les commerçants étrangers avaient emmené leurs familles et leur avoir au Consultât autrichien. Dimanche matin, Tatici qui avait engagé le bateau du grec Balduridi de Salonique eut encore une conversation avec Karneev. Dans l’après-midi, du même jour il eut une conversation secrète avec un envoyé spécial venu de Galatz qui repartit par le bateau avec lequel il était venu. On disait qu’un nommé Kalimera, citoyen russe, que personne ne connaissait devait recevoir le commandement suprême. Une autre rumeur courait aussi selon laquelle les volontaires devaient capturer dans le port un vaisseau turc qui avait huit canons à bord. Tatici non plus n’avait pas pris de décision sur l’action immédiate à entreprendre. Le samedi suivant les dirigeants de Brâila savaient que les volontaires avaient renoncé à passer en Turquie et qu’ils étaient décidés « à partir pour les « Principautés ». Le lendemain dimanche ou sut d’une façon plus précise qu’ils ne traverseraient pas le Danube mais on ne pouvait préciser la direction qu’ils avaient l’intention de prendre. Le consul autrichien de Galatz, Huber, avait appris que le plan des insurgés était de partir par Galatz à Reni où ils devaient recevoir des renforts et de débarquer ensuite à Isaceea où ils espéraient soulever la population grecque et bulgare de la petite ville28. Il parait qu’un commandant russe se serait trouvé à Galatz au moment où les volontaires s’enrôlaient et qu’il serait parti à Reni quand il a vu que les autorités avaient déjoué le plan des comploteurs26. Il y avait une autre probabilité aussi et c’était celle du départ des volontaires par Ploiesti vers Turnu Mâgurele. Toutefois rien n’était sûr, les dirigeants de Braïla disaient en parlant des volontaires : qu’ « à cause de leur indécision on ne pouvait comprendre autre chose qu’un affligeant égarement, cause de désordre ». 24 Archives de l’Etat, Braïla Prélecture, Dossier 246/1841, p. 25. 26 Ibidem, p. 104. 26 Hurmuzaki, Documente, XVII, p. 321. (Le 13 Juliet au moment où les volontaires se préparaient à partir, les autorités de Braïla prévenaient la préfecture de Galatz qu’il y avait une possibilité pour que ceux-ci se dirigent vers le port moldave. Le même jour, la préfecture répondait, montrant qu’elle avait pris scs dispositions et elle offrait même une aide armée. Arch. de l’Etat, Braïla, Dos. 246/1841, f. 20, 58, 81. 245